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jeudi, juillet 7, 2022

comment Alger met la pression sur Paris

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DÉCRYPTAGE

L’Algérie a interdit le survol de son territoire aux avions militaires français, qui empruntent d’habitude son espace aérien pour rejoindre ou quitter la bande sahélo-saharienne où sont déployées les troupes de l’opération anti-djihadiste Barkhane, a indiqué dimanche un porte-parole de l’état-major français. Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre Paris et Alger, qui a annoncé samedi le « rappel immédiat pour consultation » de son ambassadeur à Paris, exprimant son « rejet catégorique » de déclarations attribuées au président français Emmanuel Macron évoquant notamment « un système politico-militaire » au pouvoir à Alger.

Selon un article Monde relatant une rencontre jeudi entre Emmanuel Macron et de jeunes descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie (1954-1962), le président français aurait en effet estimé qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire ». Selon Le Monde, le chef de l’Etat a évoqué aussi « une histoire officielle totalement réécrite » qui « ne s’appuie pas sur des vérités » mais sur « un discours qui repose sur une haine de la France ».

« Un frein logistique »

L’interdiction de l’espace aérien algérien aux avions militaires français intervient donc dans une phase logistique délicate pour l’état-major, qui a entamé depuis quelques semaines une réorganisation de son dispositif dans la bande sahélo-saharienne. Invité d’Europe Matin lundi, Xavier Tytelman ancien aviateur militaire et consultant aéronautique, est revenu sur les conséquences de cette décision. « A partir du moment où un espace aérien est fermé, logiquement on doit le contourner. Mais le problème quand il s’agit de l’opération Barkhane vers le Mali ou l’Afrique du Nord, c’est que l’on est obligé d’emporter des charges utiles. Et comme les trajets vont être plus longs, on va devoir remplacer ces charges utiles par du carburant », a-t-il expliqué. 

En effet, l’armée française va devoir emporter plus de pétrole et aura donc moins de capacité d’emport pour les avions, ce qui va constituer un frein logistique. « C’est gênant politiquement et géopolitiquement parce qu’on parle là de pays avec qui nous sommes censés travailler contre le terrorisme dans la zone donc ça réduit nos capacités opérationnelles sur le terrain ou ça va nous coûter plus cher. C’est une mauvaise surprise de la part de l’Algérie », a-t-il jugé. 

Emmanuel Macron a également évoqué jeudi un autre point de crispation entre les deux pays, à savoir la forte réduction des visas pour les Algériens, Marocains et Tunisiens, décidée la semaine dernière par Paris. Une décision qui avait valu à l’ambassadeur de France une convocation pour « protestation » des autorités algériennes.

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