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samedi, juin 25, 2022

six questions sur des législatives décisives pour la succession de Merkel

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Hélène Kohl, à Berlin
07h02, le 24 septembre 2021, modifié à
07h06, le 24 septembre 2021

DÉCRYPTAGE

L’Allemagne va tourner en cette fin de semaine une page considérable de son histoire : Angela Merkel, chancelière depuis 2005, ne brigue pas sa succession et c’est donc un nouveau visage qui dirigera le pays à l’issue des élections législatives de dimanche. Chose rare aussi tard avant le scrutin, ils sont encore trois à véritablement espérer s’emparer du pouvoir : le conservateur Armin Laschet, le social-démocrate Olaf Scholz et l’écologiste Annalena Baerbock. Tour d’horizon, depuis Berlin, des différentes choses à savoir sur cette élection décisive pour l’Allemagne et très importante pour l’Europe.

Le visage du successeur de Merkel sera-t-il connu dimanche soir ?

Signe du caractère totalement inédit de ce scrutin, dimanche soir encore, la télévision allemande a organisé un débat entre les trois principaux candidats, le troisième en moins d’un mois. Les Allemands veulent la continuité mais la CDU et le SPD, qui ont gouverné ensemble ces huit dernières années, ont du mal à se différencier.

Résultat : avec l’éparpillement des voix, il faudra sans doute que trois partis politiques s’associent pour trouver une majorité. Tout va donc se jouer après les élections. Dimanche soir, il est probable qu’on ne puisse pas donner le nom du successeur de Merkel. A priori, ce sera un homme, car la seule femme en lice, la candidate écologiste, Annalena Baerbock, a cédé du terrain ces dernières semaines. Mais une remontada Deutsche qualität n’est pas à exclure.

D’ailleurs, y a-t-il beaucoup d’indécis ?

Oui. Le dilemme des électeurs allemands se résume facilement. Jusqu’à présent, quand ils hésitaient, ils finissaient toujours par voter Merkel. Cette fois-ci, un Allemand sur trois est encore indécis. Les trois principaux candidats évoluent dans une fourchette autour des 20% et il y a une marge d’erreur de 3 à 5 points.

« Mais les modèles des instituts de sondages ne fonctionnent plus, tout le monde le dit », assure Frank Baasner, de l’institut dpi. « Ils calculent sur les traditions, le comportement des familles, le comportement des groupes sociaux… Là, les sondages n’ont jamais été aussi imprécis. » Tout se jouera après le scrutin, au moment des discussions de coalition. Tout est possible, même que le gagnant de dimanche soir ne soit finalement pas le prochain chancelier.

Les bourdes d’Armin Laschet vont-elles le faire échouer ?

D’un côté, il y a Armin Laschet. Le candidat conservateur de la CDU avait tout pour devenir le dauphin naturel d’Angela Merkel, mais ses forces sont devenues ses faiblesses. Dans sa ville d’Aix-la-Chapelle, la capitale de Charlemagne, dont il serait un lointain descendant, il a tissé des liens avec les Verts. Mais à force de vouloir parler avec tout le monde, Armin Laschet a perdu en crédibilité. Pendant la crise sanitaire, il a sans cesse changé de cap dans son Land de Rhénanie et contredit la chancelière, dont il est pourtant un fidèle.

Mais c’est surtout sa légèreté face aux inondations de mi-juillet dans l’ouest de l’Allemagne qui a entaché sa réputation. Pour ce défenseur du charbon, le drame, qui a fait près de 200 morts, ne justifie pas qu’on change la politique. Une petite phrase désastreuse prononcée quelques heures après avoir été vue en train de rire dans un village endeuillé. Depuis, il a perdu 17 points dans les sondages.

L' »automate » Olaf Scholz peut-il s’imposer ?

De l’autre, on retrouve Olaf Scholz. Le social-démocrate de 63 ans a consolidé dimanche son statut de favori en s’imposant lors du dernier grand débat télévisé. Celui qui insiste sur sa filiation avec la chancelière essaie de redonner des couleurs à la gauche allemande. Dans cette campagne, les Allemands lui ont trouvé un surnom : le « Scholzomat », car il est comme un automate, impassible en toutes circonstances, posé, rassurant et sérieux. Un Angela Merkel au masculin, note un éditorialiste vedette de la télé. « S’il était une femme, il porterait même ses blazer », plaisante-t-il.

Olaf Schulz propose une augmentation du salaire minimum et un impôt sur la fortune. Mais son programme est plutôt au centre. Comme Merkel, il refuse que l’Allemagne s’endette. Il trouve d’ailleurs très bien qu’il y ait des règles de stabilité communes en Europe. Quant au climat, il s’en tient au compromis négocié l’an dernier avec la droite, qui ne prévoit une sortie du charbon qu’en 2038. Une continuité tellement assumée avec le gouvernement sortant que la chancelière a dû plusieurs fois remettre l’église au centre du village et rappeler que son véritable héritier, c’est Armin Laschet.

Les Verts d’Annalena Baerbock peuvent-ils créer la surprise ?

Le climat est la première préoccupation des Allemands dans cette campagne, surtout après les inondations meurtrières mi-juillet. Les Verts devrait doubler leur score de 2017. Leur candidate renvoie dos-à-dos les partis qui ont gouverné ensemble sous Merkel. Mais Annalena Baerbock, 41 ans, qui n’a jamais eu aucune fonction politique sauf au sein de son parti, souffre d’un manque de crédibilité et son profil atypique dans cette course. Elle présente un profil de rupture après les années Merkel, qui déroute les Allemands.

La candidate écologiste tente de compenser cela avec un discours très technique sur les réponses à apporter au défi climatique. Elle s’appuie sur le bilan de son parti dans le Land industriel du Bade-Wurtemberg, qu’il dirige depuis dix ans, sans avoir freiner le développement de groupes comme Daimler ou Bosch. Les Verts allemands sont des réalistes qui ont envie de gouverner et peuvent s’allier avec la droite comme avec la gauche.

Pourquoi l’extrême droite de l’AfD est-elle absente de cette campagne ?

Un parti est plutôt absent du débat cette année : l’AfD, un parti d’extrême droite qui s’est radicalisé ces dernières années. En effet, ses thèmes de prédilection, comme l’immigration, ne font finalement plus recette : dans la liste des préoccupations des Allemands pour cette campagne, l’immigration arrive en septième position. La moitié des réfugiés de 2015 travaillent en CDI, 98% des enfants sont scolarisés et chaque week-end, ils arrivent par cars entiers de toute l’Allemagne pour contribuer à la reconstruction des zones inondées mi-juillet.

Privé de ce thème, le parti AfD a donc choisi la radicalisation pour se faire entendre. Il a endossé le discours des complotistes pendant la pandémie contre le vaccin ou contre les gestes barrières. Il assume aussi son rapprochement avec les néonazis, dont il reprend la rhétorique, appelant à débarrasser l’Allemagne de ses parasites ou de ses traîtres comme Merkel. À l’est, ce discours fait mouche dans toutes les classes d’âge, mais ce sont des régions dépeuplées qui n’ont pas beaucoup de poids au niveau national.

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