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jeudi, juin 30, 2022

Affaire des sous-marins et référendum calédonien : un processus « déconnecté

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Le ministre des Outre-mer a affirmé que la position du gouvernement sur la possible indépendance de la Nouvelle-Calédonie était claire, alors qu’un sénateur a laissé entendre que le manque d’engagement gouvernemental a pu jouer dans la décision australienne de rompre le « contrat du siècle ».

Lors des questions au gouvernement ce mercredi, le sénateur LR d’Ile-et-Vilaine (Bretagne) Dominique de Legge a interpellé le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu sur la rupture par l’Australie du gigantesque contrat conclu en 2016 avec la France pour la vente de douze sous-marins. Selon lui, alors que la date du troisième et dernier référendum sur l’indépendance approche, le gouvernement « se défile » en Nouvelle-Calédonie, ce qui aurait pu jouer dans la décision australienne d’annuler le « contrat du siècle ».

 

« La France dans le Pacifique c’est la Nouvelle-Calédonie. Voudriez-vous me dire si vous ne pensez pas que l’absence de position du gouvernement lors des différents référendum sur le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le périmètre de la République n’a pas contribué à ce résultat car nos alliés ont sans doute besoin de s’assurer de la pérennité de la France dans ce secteur ? », a-t-il déclaré.

« Sur les orientations du gouvernement en Nouvelle Calédonie, les choses sont connues » justifie @SebLecornu, interpellé sur la place de la France dans la zone Pacifique. « Mais L’État est neutre dans l’organisation d’un scrutin »#QAG pic.twitter.com/FSXWp2GEVe

— Public Sénat (@publicsenat) September 22, 2021

 

Les orientations du gouvernement « sont connues »

« Je pense que sur les orientations du gouvernement de la République en Nouvelle-Calédonie les choses sont connues, a rétorqué le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. L’État est neutre pour organiser le scrutin, le gouvernement de la République lui peut témoigner d’une orientation et d’une préférence, et le président de la République en tant que chef de l’Etat, l’a fait lors de son discours à Nouméa, le Premier ministre Jean Castex l’a fait dès les premières semaines de sa prise de fonction. » En 2018, en visite à Nouméa, Emmanuel Macron avait estimé que « sans la Nouvelle-Calédonie la France ne serait pas la même ».

Pour le ministre des Outre-mer, l’affaire dite des sous-marins vient rappeler « l’interdépendance entre l’Australie et la Nouvelle-Calédonie ». Néanmoins, selon lui, il n’y a aucun lien entre le référendum de décembre prochain et les tensions géopolitiques dans le Pacifique. « Le processus institutionnel est ancien, il est profondément désormais déconnecté de ce contexte géopolitique, a estimé Sébastien Lecornu. La vraie question c’est que cette balance entre la Chine d’un côté et l’occident tout entier de l’autre côté va traverser la société calédonienne. La vraie question maintenant elle se pose au 12 décembre prochain : c’est est-ce que les Calédoniens affrontent cette question dans la République ou est-ce qu’ils l’affrontent seuls ? »

Sébastien Lecornu se rendra en Nouvelle-Calédonie du 4 au 19 octobre prochain pour « veiller à la fois à la situation sanitaire et aux conditions d’organisation de la consultation ».

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