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jeudi, juillet 7, 2022

 Il n’y a pas de recette unique pour que les agriculteurs optimisent le bilan carbone de leur exploitation 

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Rmunrer les agriculteurs pour la captation du carbone de leur exploitation est une ncessit pour encourager leur transition, selon Chuck de Liedekerke et Nicolas Verschuere, fondateurs de la socit de conseil agronomique Soil Capital.

   

Chuck de Liedekerke, gauche, et Nicolas Verschuere, droite,
Cofondateurs de Soil Capital

   

Actu-Environnement: Dans le cadre de votre programme d’accompagnement, vous diffusez les pratiques agricoles favorables la rduction des missions de carbone. Quelles sont-elles?

Nicolas Verschuere: Le retour d’exprience de notre programme auprs de 150agriculteurs montre que cinq pratiques principales ont un effet sur le stockage du carbone. La fertilisation, et notamment le remplacement des engrais de synthse par des intrants organiques, les couverts vgtaux, ainsi que la diversification de la rotation, qui est dterminante, et la limitation de la perturbation du sol. Enfin, l’agroforesterie, mme si elle reste marginale. Tous les systmes d’exploitation peuvent stocker du carbone. Tout comme les cultures industrielles telles que la betterave et la pomme de terre, grce aux couverts vgtaux et aux recours aux fertilisants organiques. Ainsi, toutes les cultures sont susceptibles de stocker au moins deux tonnes de carbone par hectare. Les rsultats montrent aussi que les agriculteurs en semis direct et en bio sont les plus grands stockeurs. De mme, ce sont les sols argileux, de limons et limon-argileux qui privilgient la squestration de carbone.

L’introduction de couverts vgtaux, la diminution du travail du sol et l’apport de fertilisation organique sont donc des paramtres qui augmentent le taux de matire organique tout en rduisant les missions de carbone. Ainsi, les changements de pratiques simples observs chez les agriculteurs peuvent amener des rsultats dans le bon sens. On peut dj noter que, sur la base du premier diagnostic de Soil Capital Carbon, 15000tonnes d’quivalent CO2 ont t stockes pour une anne de rfrence (considre comme l’anne0).

Nous ambitionnons d’aller plus loin en accompagnant, l’an prochain, 1000agriculteurs dans cette dmarche.

AE: Votre programme rmunre l’agriculteur pour chaque tonne de carbone stocke. Cette rmunration est-elle une incitation ncessaire et suffisante?

Chuck de Liedekerke: Il n’y a pas de recette unique pour que les agriculteurs optimisent le bilan carbone de leur exploitation. Ils sont porteurs de solutions qui contribuent lutter contre le rchauffement climatique. L’intention est de leur apporter une nouvelle source de revenu, de souligner leur impact positif sur l’environnement et de faire prendre conscience que la performance conomique des fermes est compatible avec des pratiques vertueuses pour l’environnement.

La rmunration de notre programme repose tout d’abord sur le type de conduite culturale mene par l’agriculteur et, bien sr, sur le nombre de certificats vendus chaque anne en gr gr. Elle dpend galement de son bilan carbone en anne de rfrence. Notre programme permet de rmunrer les agriculteurs en conventionnel ou en bio, hauteur de 27,50euros minimum la tonne de carbone stocke ou vite. C’est le prix plancher que nous nous sommes fixs.

AE: Quel est le profil des acheteurs de ces certificats?

C.D.L. : Les acheteurs de certificats carbone agricoles souhaitent soit s’engager dans la rduction de leur empreinte en gaz effet de serre, soit soutenir les agriculteurs dans leurs pratiques vertueuses pour l’environnement. Cette transaction cre donc un nouveau revenu annuel pour l’agriculteur. Les certificats ne sont pas des droits polluer car ils ne sont pas lis un mcanisme de compensation, et leurs acqureurs ne peuvent en aucun cas les utiliser pour revendiquer une neutralit carbone.

AE: Que pensez-vous du label Bas carbone qui valorise aussi ces dmarches?

C.D.L: Nous saluons ce label qui a de nombreuses similitudes avec notre programme. Lanc par le ministre de la Transition cologique, il encourage de la mme manire les pratiques de rduction des missions de gaz effet de serre ainsi que les pratiques d’augmentation du stockage de carbone. L’agriculteur s’engage dans les deux cas pour un projet de cinq ans afin d’obtenir des crdits ou certificats carbone. Les processus d’encodage et de calculs sont similaires galement puisque les deux programmes se basent sur les donnes oprationnelles de l’agriculteur, fournies sur une base annuelle et soumises une vrification et un audit indpendant.

Les deux programmes ne sont pas pour autant identiques. Quelques diffrences notoires sont souligner, notamment sur le plan pratique. Par exemple, un projet labellis ne peut tre vrifi et certifi qu’une fois boucl, c’est–dire aprs cinq ans. En revanche, le processus de vrification et de certification des donnes pour notre programme se fait chaque anne et les paiements des agriculteurs sont aussi annuels. Par ailleurs, nous rmunrons l’agriculteur ds la premire anne hauteur de 80% des certificats carbone gnrs cette anne-l. Les 20% restants sont affects une rserve d’assurance destine compenser un vnement de perte en cas de dgagement imprvu de carbone sur l’exploitation. Sans vnement de perte, cette rserve est libre dans les dix ans suivant l’mission des certificats carbone.

Le stockage de carbone peut-il doper l’exploitation forestire? (article paru le 23/01/2017) Le stockage de carbone par la fort franaise n’est pour l’instant pas reconnu comme une source de crdit carbone. Les propritaires forestiers ne peuvent pas les valoriser financirement. Une situation qui pourrait bientt changer. Reportage dans le Massif Central. Lire la news
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Article publi le 21 septembre 2021

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