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jeudi, juillet 7, 2022

Le combat pour l’autonomie de Lucette Michaux-Chevry est-il encore d’actual

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Après la disparition de la « Dame de fer de la Guadeloupe », il convient de s’interroger sur la portée, vingt ans plus tard, de son engagement en faveur de l’autonomie politique de l’outre-mer français.

Chacun s’accorde à dire que l’un des plus hauts faits d’armes de Lucette Michaux-Chevry aura été la rédaction de la Déclaration de Basse-Terre. Ce document de deux pages est rendu public le 1er décembre 1999 par les présidents des régions de Guadeloupe, de Guyane et de Martinique, au siège de la Région Guadeloupe, à Basse-Terre. Femme de droite, Lucette Michaux-Chevry signe avec l’autonomiste Antoine Karam et l’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne un texte devenu historique.

Les trois présidents y constatent leur impuissance à résoudre les problèmes qu’ils affrontent, en dépit des efforts financiers considérables des pouvoirs publics locaux, centraux et européens. Pour eux, le cadre fiscal et social est inapplicable à des territoires en retard de développement. Ils souhaitent bâtir un projet de société basé sur la création d’emplois et d’activités productives par le biais d’un régime fiscal et social spécial.

Des discussions s’engagent avec le gouvernement du président Jacques Chirac. Il prononce un discours mémorable à Madiana le 11 mars 2000, donnant le coup d’envoi à la révision de la Constitution, trois ans plus tard, en mars 2003. Désormais, les populations d’outre-mer peuvent être consultées pour recueillir leur assentiment quant aux modifications des institutions ou du statut juridique de leur territoire.

Le carcan juridique se desserre

 

Saint-Martin et Saint-Barthélemy se transforment en collectivité à part entière. La Guyane et la Martinique deviennent des collectivités territoriales uniques. Paradoxe : la Guadeloupe ne connaît aucune modification. Les socialistes ayant succédé à Lucette Michaux-Chevry ont torpillé toute possibilité d’évolution. Pour le moment.

Deux décennies plus tard, notre dépendance à l’État s’est-elle allégée ou renforcée ? La gestion de la crise sanitaire offre de se poser la question. L’emprise de l’État est totale à ce sujet. S’il revient au gouvernement de conduire la politique de santé publique, aucune loi n’interdit aux élus de proximité de prendre des initiatives dans ce domaine.

Du reste, la CTM a mis sur pied un dispositif d’aide financière aux entreprises en difficulté. Et plusieurs maires participent activement à la politique de vaccination. Il n’empêche, la préfecture et l’ARS ont la main depuis le début de la pandémie, quitte à prendre des décisions parfois mal comprises.

L’État reste omniprésent

Ceci étant, qui reprochera aux hauts fonctionnaires de mettre à profit l’espace laissé vacant par nos élus ? Pourtant, dans tout l’hexagone, les conseillers régionaux et des maires de tous bords politiques ont comblé les carences du gouvernement. Ont-ils été désavoués ? Or, ils ne sont pas autonomistes, au sens où nous l’entendons chez nous.

Ou plutôt, au sens où nous l’entendions par le passé. La mise en œuvre réelle de cette revendication ne semble plus de mise, alors même que ce gouvernement ne s’oppose absolument pas à l’augmentation des pouvoirs et des responsabilités des élus locaux, bien au contraire. Vingt ans après la Déclaration de Basse-Terre, c’est à se demander si ce combat pour la responsabilité politique locale n’est pas devenu obsolète.

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