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dimanche, juin 26, 2022

« Le monde n’a pas changé politiquement depuis les attentats », selon Olivier Roy

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INTERVIEW

Comment le 11-Septembre 2001 a-t-il changé notre monde ? Quelles leçons l’Occident a-t-il tiré de ces attaques sans précédent ? Invité au micro de Thomas Lequertier sur Europe 1, Olivier Roy, politologue spécialiste de l’Islam, analyse, vingt ans après, l’impact des attentats sur notre société. Selon lui, rien n’a réellement changé sur les plans politique et stratégique.

Un changement fondamental mais uniquement sur le plan sécuritaire

« Il y a deux plans. Le premier plan, c’est évidemment la sécurité. De ce côté-là, il y a eu un changement fondamental avec le développement du renseignement, de la coopération et de l’efficacité des services. On a finalement abouti à une société de surveillance qui touche bien d’autres domaines que celui du terrorisme », explique-t-il avant d’établir un constat bien plus amer. « Par contre, sur les plans politique et stratégique, on ne peut pas dire que le monde a changé ».

« On ne peut pas lutter contre le terrorisme par une occupation territoriale »

Pourquoi ? Car les Américains n’ont pas réussi à « restructurer » le Moyen-Orient comme ils le désiraient. « Ils ont essayé d’établir des Etats démocratiques et de stabiliser la région en envahissant l’Irak et l’Afghanistan », souligne Olivier Roy. « Vingt ans après, c’est un échec. On voit qu’on ne peut pas lutter contre le terrorisme par une occupation territoriale avec l’aide dune armée ». Preuve en est, les talibans ont réussi à reprendre Kaboul en août dernier. Les Etats-Unis ont quitté l’Afghanistan, laissant leurs ennemis désormais maîtres du pays. Comme un retour à la case départ, après vingt ans d’une guerre qui a coûté la vie de 2.465 soldats américains. « L’Afghanistan n’a plus aucun intérêt stratégique pour les Américains. Ils y sont allés seulement pour essayer de tuer Ben Laden, le cerveau des attentats du 11-Septembre », souligne Olivier Roy. « Ils ont mis dix ans à le tuer. Mais il n’avaient aucun problème avec les talibans quand ces derniers étaient au pouvoir de 1996 à 2000 ». 

Une commémoration qui n’a rien de politique

Pour le politologue, les commémorations du 11-Septembre revêtent donc surtout une « dimension émotionnelle ». On se souvient de l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, le choc planétaire qui s’en est suivi, l’effroi, la sidération. Et on célèbre aussi la mémoire des 3.000 victimes pour « essayer de conjurer la terreur et la peur ». Mais non, on ne commémore en aucun cas un bouleversement politique car si peu de choses ont finalement changé.     

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