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lundi, juin 27, 2022

Quatre questions pour comprendre l’avancée rapide des talibans en Afghanistan

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DÉCRYPTAGE

Les talibans détiennent désormais près du tiers des capitales provinciales d’Afghanistan. Les fondamentalistes islamistes ont lancé leur offensive de conquête en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères. Ils ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent désormais dangereusement de la capitale du pays. Les Etats-Unis ont annoncé en 2018, sous l’administration Trump, leur intention de se retirer d’Afghanistan, où ils sont engagés depuis les attaques du 11 septembre 2001. Le président Joe Biden a promis de poursuivre ce retrait, qui devrait être totalement achevé avant la date du vingtième anniversaire des attentats. Voici quatre questions la situation instable dans ce pays miné par les conflits.

Où en sont les talibans dans leur progression ?

Les talibans ont avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président afghan, Ashraf Ghani, s’est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l’armée et les milices favorables au pouvoir.

Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud.

Pourquoi la prise de Ghazni est-elle symbolique ?

Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu’ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l’axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l’armée vers le sud. Cela va encore accentuer la pression sur l’armée de l’Air afghane, qui doit bombarder les positions talibanes et acheminer du matériel et des renforts, là où ils ne peuvent pas venir par la route.

Comment réagit le gouvernement afghan ?

Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. « L’ennemi a pris le contrôle de Ghazni. (…) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité) », a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. Jeudi, en milieu de journée, les négociateurs de Kaboul ont proposé aux talibans un partage du pouvoir en échange d’un arrêt des violences.

Les combats dans tout le pays ont un fort impact sur la population civile. Au moins 183 civils ont été tués, dont des enfants, en un mois à Lashkar Gah, Kandahar, Hérat (ouest) et Kunduz, et au moins 359.000 personnes ont été déplacées en 2021 par les violences, selon l’ONU. Nombre de civils ont afflué ces derniers jours à Kaboul, où une grave crise humanitaire menace.

Quelle attitude adoptent les Etats-Unis face à cette nouvelle percée des talibans ?

Washington n’a pas caché son exaspération ces derniers jours face à la faiblesse de l’armée afghane, que les Américains forment, financent et équipent depuis des années. Tour à tour cette semaine, Joe Biden, puis le porte-parole de la diplomatie américaine ont souligné que l’armée afghane, forte de plus de 300.000 hommes, très supérieure en nombre aux talibans, devait avoir, « la volonté de se battre pour elle-même et pour la nation ». Le retrait des troupes américaines est une source d’inquiétude puisqu’au rythme où avancent maintenant les talibans, Washington craint que le pouvoir en place à Kaboul ne tombe entre leurs mains avant même la fin de ce retrait. 

Après avoir dépensé plus de 1.000 milliards de dollars en vingt ans, les États-Unis ont promis de continuer à apporter leur soutien sur le plan logistique et financier. À Doha, au Qatar, l’émissaire américain, Zalmay Khalilzad, a rencontré ces deux derniers jours des dirigeants talibans pour essayer de relancer un processus de paix au point mort avec le gouvernement afghan.

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