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mercredi, juin 29, 2022

le rchauffement climatique peut encore tre attnu

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Le rchauffement climatique est dj en route, et certains de ces effets sont dj irrversibles mais il est encore possible de les corriger. Un dfi qui ncessite une baisse drastique et peu probable des missions de gaz effet de serre.

Le Groupe d’experts international sur l’volution du climat (GIEC) a publi son rapport le 9 aot. Ce rapport est le rsultat de la compilation et de l’analyse de plus de 14 000 tudes scientifiques. Il a pour but de faire un tat de l’art des connaissances actuelles sur le climat et de donner les cls ncessaires aux dcideurs pour engager des politiques en faveur du climat. Plus prcis et plus pdagogique que ces prdcesseurs, le rapport de 2021 l’atteste: le rchauffement climatique est bien en route et certains des changements qu’il a provoqus sont dj irrversibles. Mais ces changements peuvent tre attnus par une baisse profonde et rapide des missions de gaz effet de serre (GES). Ce qui ncessite la coordination de tous les tats.

tat des lieux

Premire nouveaut dans le rapport de 2021,  c’est la premire fois dans un rapport du GIEC o le rchauffement est attribu sans quivoque aux activits humaines , rapporte Jean-Baptiste Salle, l’un des auteurs du rapport. Cela peut sembler banal mais a son importance: chaque ligne de ce document a t examine et approuve par les experts de 195 pays, il sera donc trs difficile pour l’un deux de revenir sur ce qui a t crit lors de prochaines ngociations mondiales comme la COP 26.

Deuximement, le rapport fait l’tat des lieux des connaissances actuelles sur le climat. Le rchauffement global est bien l, plus fort, plus rapide et plus intense que jamais. « Les vnements climatiques extrmes observs durant ces dernires dcennies n’auraient eu quasiment aucune chance de se produire sans l’influence humaine sur le systme climatique « , appuie le rapport.

Selon les estimations,  les missions de CO2 dans l’atmosphre en 2019 taient les plus hautes jamais observes depuis deux millions d’annes  avec un taux de 410 ppm. Idem pour le mthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) qui ont atteint une concentration dans l’atmosphre jamais gale depuis 800 000 ans avec respectivement 1866 ppb et 332 ppb. Selon le rapport, cette augmentation est trs brutale: en 271 ans, les concentrations de CO2 et de CH4 ont plus augment que lors du passage d’une re glaciaire une aire interglaciaire. Un processus qui prend 800 000 ans.

Toujours plus de chaleur

Par ailleurs, le rapport tablit une relation linaire entre la concentration de GES dans l’atmosphre et la temprature globale de la plante. Ainsi, les quatre dernires dcennies ont t les plus chaudes depuis 1850. Chacune battant le record de tempratures de la prcdente.

Autre nouveaut, selon Jean-Baptiste Salle:  cette anne, le rapport met l’accent sur les informations rgionales pour donner aux dcideurs des informations tangibles qui soient traduisibles en dcisions politiques . Dans une figure cl, le rapport dtaille par exemple les diffrences entre les maximales journalires de 1950 et d’aujourd’hui, rgion par rgion. On peut y voir que toutes les rgions du globe sont touches par des tempratures extrmes.

Toujours moins de glace et un niveau des mers toujours plus lev

Les experts du GIEC ajoutent qu’en un sicle, le niveau des mers a augment comme jamais auparavant, consquence du retrait des glaciers et de la fonte des glaces en Arctique. Le rchauffement des ocans compte pour 91% du rchauffement du systme et il se rchauffe de plus en plus vite. Autre consquence constate du rchauffement global: l’augmentation en frquence et en intensit des vnements extrmes. Vagues de chaleur, scheresses, cyclones tropicaux et autres catastrophes sont dores et dj observables et relies de faon certaine l’mission anthropique de GES.

Des prvisions peu rjouissantes

 C’est la premire fois que les projections sont bases sur un ensemble de preuves: modles, comprhension, reconstructions rcentes et reconstitutions des paloclimats, tout cela a permis de grandement rduire les incertitudes . Dans son rapport, le GIEC prsente cinq scnarios d’missions de gaz effet de serre. Ils se diffrencient par les dcisions prises en matire de climat  » partir de maintenant ». Mais tous ne sont pas quiprobables. D’aprs les experts intergouvernementaux, les scnarios haute ou trs hautes missions de GES (business as usual), ont beaucoup plus de chances de se produire que les autres.

Les pays ayant ratifi les accords de Paris se sont engags ne pas dpasser un rchauffement de 2C mais le GIEC estime que ce seuil sera dpass, mme dans les scnarios basses missions de GES. Seule une rduction drastique des missions de GES (SPP1-1.9) pourrait permettre limiter le rchauffement entre 1,0C et 1,8C. scnario intermdiaire (SPP2-4.5) limiterait le rchauffement climatique entre 2,1C et 3,5C. Enfin, les scnarios les plus probables (SPP3-7.0 et SPP5-8.5) entraneraient une hausse de tempratures globales comprise entre 3,3C et 5,7C. Quelque soient les dcisions prises, les experts estiment que les tempratures globales continueront tout de mme augmenter jusqu’en 2050.  Pour ce qui est de la France, la temprature sur l’ensemble du territoire augmente plus vite que le rchauffement de la plante , relate Jean-Baptiste Salle.

Le groupe d’experts met en garde:  chaque nouvelle tonne de CO2 dans l’atmosphre aggrave le rchauffement climatique . En effet, chaque 1 000 Gt de CO2 qui s’ajoute au total des missions est susceptible de causer un rchauffement de 0,45C, une estimation bien plus prcise que dans le rapport de 2014. « Et il est impossible de revenir en arrire ou alors de manire marginale », complte Jean-Baptiste Salle.

Le cycle de l’eau dsquilibr

D’aprs le rapport, le cycle de l’eau sera de plus en plus perturb mesure que les tempratures vont grimper.  En France, on observe dj un certain nombre de phnomnes qui y sont lis et qui continueront un rythme qui dpendra des missions globales. Les prcipitations estivales diminuent en particulier dans la rgion mditerranenne et dans le mme temps on observe une augmentation des scheresses dans tout le Sud de la France. Il y a une augmentation des pluies torrentielles et des inondations associes et sur les ctes, le niveau de la mer aura srement augment de 20 cm en 2050, on ne peut pas y couper. Aprs 2050, on verra potentiellement des diffrences en fonction des choix qu’on fait aujourd’hui. Avec des missions faibles, on sera + 40-50 cm en 2100 donc + 80 cm avec des missions fortes. Dans nos montagnes, on observe dj un fort dclin des glaciers, du perglisol, de la couverture neigeuse et de la dure saisonnire des neiges dans les hautes altitudes .

Comme l’a soulign le rapport, le rchauffement global affecte et affectera diffremment les rgions du globe. Pour illustrer ce propos, les experts intergouvernementaux du climat (IPCC), ont mis disposition un atlas interactif (https://interactive-atlas.ipcc.ch), disponible en ligne. Il est possible d’y visualiser les effets des diffrents scnarios sur le climat et les prcipitations.

Et le cycle du carbone perturb

Autre mauvaise nouvelle, le rchauffement climatique a galement un effet sur l’efficacit de stockage des puits de carbone. Avec le rchauffement, les rtroactions entre le climat et le cycle du carbone pourraient changer de manire incertaine.

Il est cependant certain que sous les scnarios hautes missions, les puits de carbone (terres agricoles, forts, ocans) seront moins efficaces. Et mme dans les scnarios faible mission, les experts estiment que la capacit de stockage des puits de carbone est susceptible de diminuer. Pire, ils pourraient relarguer du CO2 dans l’atmosphre. Cependant, les scientifiques n’en sont pas entirement srs.

Un dfi de taille

Si certains phnomnes en cours ne sont pas rversibles avant des centaines voire des milliers d’annes, il est tout de mme possible de les attnuer. « A partir du moment o on atteint le zro missions nettes, on arrte le rchauffement global, souligne Jean-Baptiste Salle. Certes, certaines choses sont irrversibles comme la hausse du niveau de la mer, le rchauffement des ocans ou la fonte des calottes polaires mais la bonne nouvelle, c’est qu’en arrivant au zro missions nettes, on rduit d’un facteur deux leurs effets ». Selon le GIEC, dans les scnarios basse mission, les premiers effets sur la concentration de GES dans l’atmosphre sont visibles dans les annes qui suivent. Le groupe intergouvernemental a galement calcul notre « budget carbone » restant. Si l’on souhaite se donner 83% de chances de rester sous la barre des 1,5C comme le demandent les Accords de Paris, il ne faut pas mettre plus de 300 Gt de CO2 supplmentaires. Ce qui quivaut 10 ans d’missions. Il y a donc encore une certaine marge de manœuvre, bien que le dfi semble colossal.

Article publi le 10 aot 2021

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