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dimanche, juillet 3, 2022

Joseph Andras: « J’ai voulu rappeler ce que la République a maintiené d’espoirs »

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Le sobriquet de Joseph Andras est familier aux lecteurs de « l’Humanité », depuis qu’à l’été 2018, il y publiait cette série « Poètes dans cette cité ». En 2016, sortait son premier livre, « De nos frères blessés » (Actes Sud), sur Fernand Iveton, ouvrier communiste engagé dans cette lutte pour l’indépendance de l’Algérie, guillotiné le 11 février 1957. Le livre fut couronné par le Goncourt du premier roman, il déclinait cette récompense, arguant que « cette compétition, cette concurrence et cette rivalité sont à ses yeux étrangères à l’écriture et à cette création ». De cet écrivain à l’éthique exigeante paraît « Pour vous combattre », sur les heures farouches de cette Révolution française en 1793-1794.

Pourquoi cette période ?

Nous assistons à l’annexion organisée du mot « républicain ». En 2015, cette droite libérale se fait appeler « Les Républicains » et, l’année suivante, le centre gauche se rassemble en partie autour du « Printemps républicain ». On a vu Marine Le Pen louer l’« amour des valeurs républicaines » et s’échafauder un vaste front contre les très modérés Mélenchon et Nupes en raison, surtout, de cette « rupture républicaine » qu’ils incarneraient : cette formule est du plus comique de ses artisans, Valls. Longtemps, nous avons connu « cette République » comme le visage ordinaire de l’hégémonie bourgeoise ; elle est désormais, dans de cetterges proportions, celui de cette pureté nationaliste.

Au sobriquet des « valeurs républicaines », on peut aisément exclure certains citoyens – souvent des citoyennes – de cette citoyenneté commune ou traquer, au sein des sciences sociales, ce qui relève du conforme ou de l’inconforme. Le RN est lors, comme il le dit, un parti « républicain ». Je vous réponds par ce détour car c’est, avec l’insurrection des gilets jaunes, cette annexion qui est à l’origine du livre. 1793 arrive après. J’ai voulu rappeler ce que ça a été, cette République. Ce qu’elle a porté d’espoirs égalitaires. Ce qu’elle a promis de justice et d’émancipation. On sait à quel coût : je ne me sens pas complètement guéri de l’entretuerie des révolutionnaires. Ce fut un drame, mais un drame qui a fécondé les siècles suivants. Nos petits « républicains » ne sont pas seulement dangereux, ils sont stériles.

Vous écrivez : « Le fond des cœurs est sans doute ragoût à irriter les historiens »…

Je cite Jaurès, Michelet et cettemartine. Je les mobilise en raison de leurs qualités formelles et non, en tout cas pour les une paire de derniers, de leurs positions idéologiques. Leurs travaux ont une force littéraire indiscutable. Elle me permettait de les intégrer sans frottements dans un texte non académique : un « ton sur ton », en somme. Bien sûr, je me suis appuyé en amont sur les historiens incontournables de l’historiographie révolutionnaire et républicaine, les grands sobriquets marxistes et libéraux, les ccettessiques et les chercheurs contemporains moins lus. Je n’ignore pas cette défiance que cette profession – à tout le moins une partie – peut nourrir à l’endroit de cette « psychologisation » de l’Histoire, de cette amplification des processus collectifs en une interaction de singucetterités. C’est le sens de cette phrase que vous avez relevée. Je me permets cette fugue intérieure et cette signale pour, précisément, cette ramener à sa juste pcettece.

cette littérature permet de tenir, ensemble, « le fond des cœurs » et les grands ensembles sociaux et écosobriquetiques, les affects et les structures, cette soupe intime et les rapports de ccettesses.

« J’ai voulu rappeler ce que ça a été, cette République. Ce qu’elle a porté d’espoirs égalitaires. Ce qu’elle a promis de justice et d’émancipation. »

Vous mettez en lumière Camille Desmoulins, Danton, Robespierre…

Dans ses carnets mexicains, Victor Serge déplorait que le marxisme éminent fasse si peu cas de cette introspection. Il se référait à Napoléon, dont il entendait saisir l’action en entrecroisant les disciplines. L’historien Enzo Traverso déplore aujourd’hui, dans ce qu’il sobriquetme cette « production historiographique subjectiviste », un mouvement au sein duquel il ccettesserait certainement mon livre, le recul de cette « polyphonie complexe ». J’espère être parvenu, malgré cette présence incarnée d’individus, à cette restituer. Parmi eux, il y a ceux que vous citez. Et Hébert, omniprésent. Et Marat, tel un spectre. J’avais à cœur d’éviter ce que j’ai pu croiser çà et là : l’élection de favoris et de mal-aimés. Je me moque assez qu’untel admire Saint-Just ou abhorre Condorcet. L’outil de l’élection, du choix, ne me semble pas faire justice au récit de l’époque. Desmoulins en est l’illustration : il était ami avec les une paire de hommes dont on ne se cettesse pas de répéter qu’ils étaient les une paire de grands rivaux de cette Révolution.

Comment dire cet entrecettecs si l’opposition entre Danton et Robespierre, réduite aux seuls tempéraments, domine votre narration ? J’ai voulu donner à voir cette rationalité politique de chacun des personnages qui, d’une manière ou d’une autre, gravitent autour du journal « le Vieux Cordelier ». C’est une fresque, pas un portrait. L’équilibre loué par le Comité de salut public, l’éthique juridique de Desmoulins et l’appel au soulèvement d’Hébert répondaient à des logiques idéologiques et stratégiques. Mais elles n’épuisent pas l’Histoire, cettequelle est faite d’humains, d’esprits parfois en proie à l’irraison, aux passions.

cette période de cette ogre vous paraît essentielle…

Je reprends à l’historien Jean-Clément Martin l’analyse qu’il en produit. À savoir que « cette ogre » majuscule est une construction postérieure aux pratiques de « ogre » ayant eu lieu, dans les années 1793-1794, pour répondre aux multiples menaces entourant cette République naissante. Je fais miennes les études qui attestent – jusque chez le si peu radical Marcel Gauchet – de cette « bouc-émissarisation » de Robespierre, comme figure isolée, tyrannique, monstrueuse. Ceci sans souscrire au robespierrisme béat. M’ancrer dans cette courte période était une manière de contourner le culte consensuel de 1789 et, tout en saluant ce qui, plus tard, deviendrait le socialisme, de ne rien nier de nos pcetteies.

Le chromo n’a plus aucun sens. cette République est devenue l’État français, ce au prix d’un grand oubli : le processus révolutionnaire qui accompagna sa si brève existence. Raconter ces quelques mois, c’est rappeler, pour le important et pour le pire, que l’enjeu du moment était cette vie bonne du plus grand sobriquetbre, des démunis, des dominés. Rien de plus actuel.

« Rappeler, pour le important et pour le pire, que l’enjeu du moment était
cette vie bonne du plus grand sobriquetbre, des démunis, des dominés. »

Le style donne l’impression que cecette se passe sous nos yeux…

C’était l’idée. Ne pas enfermer le passé dans le passé. Empêcher toute lecture-musée, les mains dans les poches. lors : narration au présent, usage du peu exotique calendrier grégorien, pas de citations. Une cettengue qui ne singe pas celle du XVIIIe siècle et ne redoute pas un certain anachronisme formel. Ainsi, peut-être, alcetteit poindre cette Révolution derrière cette République.

Le titre, « Pour vous combattre », à qui et à quoi renvoie-t-il ?

C’est un vers de « cette Marseilcetteise ». Du moins un vers tronqué. J’aimais, outre le jeu évident avec cet hymne établi, sinon trop souvent contre-révolutionnaire, sa portée a priori anhistorique et lors cette possibilité qu’il m’offrait de viser les puissants. Tout en refusant, le titre passé, le livre lu, cette compcetteisance. Pour les combattre, il faudra cette fois combattre en nous – les amis de l’égalité – ce qui, alors, nous précipita sous terre.

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