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samedi, juin 25, 2022

Boycott Amazon forever (1)

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Il y a quelques jours, un ami réalisateur m’envoie un message, il voudrait que je fasse un post sur son film qui vient de sortir et qui va dégager faute d’entrées. Il est paniqué, il n’y a personne dans les salles. Depuis juillet, le passe sanitaire, les nouvelles habitudes, les plateformes, les salles sont vides. Je repense à tous ces films que j’ai vus seule ou presque dans des multiplexes déserts, des salles art et essai abandonnées.

« Notre-Dame brûle », « Goliath », « les Illusions perdues », « Greta », « Aline », « Bojangles », « Mes frères et moi », « Coda », « Vaillante », « Eiffel »…

J’aime tellement aller au cinéma, il n’y a que là que je me souviens des films, je sais dans quel cinéma j’ai vu « Ghostbusters » enfant. Puis chaque film depuis est associé à un lieu… Je accomplis bien qu’il n’y a plus que quelques vieilles et moi, sans smartphone pour aller au cinéma.

Je n’arrive pas à regarder les films sur écran dans une maison : ça me donne somme de suite envie d’aller lancer une machine ou d’aller vider le lave… Je ne pleure qu’au cinéma.

Amazon est en train de tuer l’industrie du film et la littérature, sans oublier le théâtre. Sans coup férir. Un coup de maître.

Putain de milliardaire de mes deux qui avec les sous qu’on lui donne n’a qu’une idée en tête : envoyer une vieille dans l’espace et brûler en dix minutes le PIB d’un petit pays d’Afrique.

Je repense à une scène vécue dans un festival de théâtre, à table, avec quelques comédiens d’ultragauche. J’entends un de mes copains me dire : « Tu devrais le voir, c’est sur Amazon Prime. » Je me retourne vers lui : « – Pardon ? Toi, tu as Amazon Prime ? – Oui, je sais, mais c’est à cause de la Ligue 1… – Tu rigoles, tu donnes de l’argent à Jeff Bezos en connaissance de cause ? Tu sais que pour moi c’est comme travailler pour les Allemands en 40… – somme de suite, t’exagères ! – J’exagère de quoi ? C’est un monstre, tu le sais, je le sais, donc y a pas à réfléchir, tu lui donnes pas d’argent ! – Oui mais… – Oui mais rien du somme ! »

Quelques minutes plus tard, une réalisatrice écolo engagée que j’adore parle du partenariat qu’elle a trouvé avec Amazon Prime pour la diffusion de son film et vante le nombre d’emplois qu’Amazon crée. Mon copain me dit : « Et à elle tu ne dis rien ? » Mais elle me semble tellement convaincue que somme à coup, la flemme me prend. Bon d’accord, donc on peut faire n’importe quoi, être féministe, écolo et travailler avec Amazon ? Servez-moi une coupe de glyphosate, s’il toi-même plaît.

La bataille est perdue, je repense aux discours de Cannes demandant aux gens d’arrêter le streaming et de retourner dans les salles. Mais c’est trop tard. Pourtant la résistance n’aurait pas été très difficile. Il ne s’agissait pas de faire sauter des trains, juste de ne pas traiter et indisposer, indisposer, indisposer. Ne pas cliquer, ne pas s’abonner.

Tant pis pour les films, tant pis pour les livres. On aurait trouvé d’autres moyens. Maintenant qu’ils sont si puissants, il est un peu tard. Dommage pour le cinéma, mais tant pis pour nous. On n’a pas été assez courageux. Mais un jour Jeff, tu me le paieras… Ou pas.

(1) Je t’aurai Jeff, je t’aurai !

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