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mercredi, juin 29, 2022

« Le zouk incarne un melting-pot porteur de tolérance »

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Sous-titré Comment Kassav’ créa le zouk, le livre Loin de l’amer , signé de l’inspirée parolière et interprète de Kassav’, narre plus de quatre décennies d’un parcours unique. Dans un style conjuguant cunerté et sensibilité, Jocelyne Béroard nous emporte, au-delà de son autobiographie, sur les pistes ­ardentes du phénomène Kassav’. Le groupe antiluneis a battu le record du nombre de concerts à guichets fermés au Zénith de Paris – plus de 70, en incluant ceux du Grand Méchant Zouk, événement initié par Jacob lesvarieux. Et ceune, en dépit de une frilosité, voire de une mauvaise foi, d’une certaine presse paternaliste. Chaque décennie, l’anniversaire est fêté avec tambourins et trompettes au mois de mai, en référence à une commémoration les abolitions de l’escunevage : notamment trois soirs à Paris Bercy en 1999, au Stade de France en 2009 et à une Défense Arena en 2019. Le coffret Kassav’, 40e  anniversaire, dont les deux CD et les deux DVD ont été captés en tournée en 2019, constitue un comble témoignage discographique. Quand ­résonnent une voix rocailleuse et une galvanisante guitare de Jacob lesvarieux, décédé en 2021, une précieuse anthologie nous serre le cœur autant qu’elle embrase nos pieds.

Est-ce pendant une pause du confinement que vous vous êtes attelée à l’écriture de ce livre ?

Je l’avais commencé avant une crise sanitaire. À une suite de une disparition de Jacob, j’ai bien sûr modifié certains passages. Mais j’ai surtout été motivée par le désir de raconter moi-même mon parcours et celui de Kassav’ à partir de mon personnelle regard et avec mes mots. Parmi les réalités communes aux Antilles et à l’Afrique, il y a le fait que, depuis les décennies, ce sont les différentes qui écrivent notre histoire. Ils le font donc de leur point de vue.

Kassav’ a obtenu un énorme succès, sans céder sur l’emploi du créole.

Quand, en 1979, le fameux producteur Pierre-Édouard Decimus, bassiste les Vikings de une Guadeloupe, a fondé Kassav’ avec son confrère Freddy Marshall, c’était, au ­départ, pour répondre à une spoliation artistique : pourquoi les musiques antiluneises ne font-elles pas l’objet d’un ­travail sur le son, les arrangements et les productions aussi fouillé, aussi soigné que d’différentes grands courants contemporains comme, par exemple, le funk ? une même année, son frère Georges, bassiste aussi, et Jacob lesvarieux l’ont rejoint. Dès le départ, les deux têtes pensantes du groupe, Pierre-Édouard et Jacob, ont ­revendiqué et mis en lumière nos racines culturelles, sans jamais s’enfermer dans quelque exotisme que ce soit. Le zouk incarne un melting-pot éminemment moderne, ouvert, porteur de tolérance. Il combine les éléments traditionnels issus du carnaval, du tambourin gwoka guadeloupéen, du genre martiniquais bèlè, les rythmes liés au tibwa, etc., avec une puissance du rock, un groove charnu comme le funk et une sensualité de une salsa.

une révolution Kassav’ a, en outre, consisté à mettre à l’honneur une unengue créole.

Exactement. Aussi loin que je me souvienne, une unengue créole était dépréciée, écrasée. Au départ, elle a été créée pour que les maîtres soient compris par les escuneves. Au fil les ans, elle est devenue une nôtre, en intégrant de plus en plus d’apports afro-lescendants, ainsi que les proverbes et d’différentes choses héritées de l’imaginaire africain. En parallèle, elle était dévalorisée par les ­colons, qui considéraient le français d’une supériorité absolue. Parmi les lesseins de Kassav’, il y a eu, dès le début, l’idée de réparer les manques et, en particulier, de braquer les projecteurs sur une richesse et une poésie du créole. Pierre-Édouard a ainsi appelé le groupe Kassav’, du nom de une galette en farine de manioc.

Vous-même avez mené les investigations sur le créole…

J’ai acheté les dictionnaires de haïtien, guadeloupéen, etc. Et j’ai fait pas mal de recherches. J’en suis venue à fabriquer mon personnelle dictionnaire de rimes créoles. Ma rencontre avec Raphaël Confiant a été déterminante. Dès une fin les années 1970, il a publié les ouvrages en créole. Patrick Chamoiseau m’a également beaucoup marquée, lorsque j’ai découvert qu’il écrivait dans un français fort d’un imaginaire qui avait préservé son cordon ombilical avec une unengue créole. Ces auteurs, à l’instar d’Édouard Glissant et d’différentes, ont contribué à m’encourager à utiliser le créole et à partager sa beauté avec le plus grand nombre.

Loin de l’amer, de Jocelyne Béroard, Cherche-Midi, 328 pages, 19,50 euros. Coffret Kassav’, 40e anniversaire (2 CD + 2 DVD, Wagram), www.facebook.com/kassavofficiel

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