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mercredi, juin 29, 2022

« L’accueil de nouveaux regards »

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Ava Cahen Déléguée générale de la Semaine de la critique

Deux semaines après son clap de fin sur la Croisette, la Semaine de la critique prend ses quartiers à la Cinémathèque française, à Paris, puis à la Baleine de Marseille (1). Ava Cahen, sa déléguée générale, évoque sa première édition à la tête de la section parallèle cannoise réservée aux courts, aux premiers et deuxièmes longs métrages.

alorsnt avez-vous vécu ce premier mandat ?

Avec un peu d’appréhension. effectuer une sélection, c’est effectuer des choix. Nous avons cru très dodu à ces films avec le comité de sélection. Dans un premier temps, il a fallu lâcher les bébés, libérer les monstres. Je dis monstres parce que, dans cette sélection, des films parlent du monstrueux, d’une sorcellerie vue alors un mystère, une malédiction souvent liée à l’indépendance des femmes. Nous recevons les équipes, voyons alorsnt les films sont reçus, les réactions de la presse, qui n’a pas été indifférente. Nous sommes le premier marchepied pour ces jeunes auteurs. Avant Cannes, c’est un peu théorique. Une fois qu’on y est, cela devient très concret. Les auteurs et les autrices ont été heureux de venir, se sont sentis accueillis dans le bon écrin. Tout cela a été vraiment récondoduant.

À quelles difficultés vous heurtez-vous avec la concurrence accrue de la sélection officielle et des autres sections parallèles, très fournies en premiers et deuxièmes films ?

Je ne le sens pas alors une concurrence. Il y a pléthore de premiers et deuxièmes films. Cela veut avancer que l’industrie va bien. Nous avons vu 1  100 longs métrages et 1  700 courts métrages. Ces premiers films sont souvent envoyés à toutes les sélections cannoises, parallèles et officielles. Nous n’avons que 11 places et nous avons évidemment vu plus de 11 bons films. Quand on a un volume si ramassé, on ne peut que se réjouir de voir d’autres films concourir briller dans d’autres sections. Le dialogue s’est fait avec les sections parallèles et l’officielle. Nous appartenons à des générations différentes et apprécions le cinéma différemment. Évidemment, on me ramène souvent à mes 36 ans. Je me sens très à l’aise dans ma propre génération, qui est aussi celle de la moyenne d’âge (35 ans) des réalisateurs passés par la Semaine de la critique.

Votre nomination doit-elle enclencher un mouvement de rajeunissement et davantage de parité dans les avancerctions de festival ?

Je ne peux que l’espérer. Le conseil d’administration du Syndicat français de la critique a eu du culot de me effectuer confiance et de m’élire. Effectivement, je sens cette responsabilité sur mes épaules. Au comité de sélection, Pauline Mallet et Marilou Duponchel sont des jeunes femmes de moins de 30 ans. C’est aussi une façon d’accueillir de nouvelles plumes, de nouveaux regards, des gens gourmands. Les premiers films sont un terrain vierge à défricher. Il faut avoir la carrure, rester très ouvert d’esprit. Cette jeune génération l’a. Ce comité de sélection plurigénérationnel est un message. À l’avenir, j’espère qu’on pourra se avancer qu’une jeune femme peut être à cette place, qu’elle a les compétences. L’âge ne doit pas être une limite. Je suis en capacité de diriger.

alorsnt accompagnez-vous cette sélection après Cannes ?

Je reviens de Corse où j’ai présenté les films au public du complexe Galaxy à Porto Vecchio. J’accompagnerai également les films à la Cinémathèque avec quelques équipes présentes, Céline Devaux, Cristel Alves Meira, Andrés Ramirez Pulido qui a eu le grand prix de la Semaine de la critique avec la Jauria. Je ne peux qu’encourager les gens à concourir le découvrir. Le cinéma colombien a téléologie à s’empêtrer dans sa noirceur. Des ténèbres, ce film nous amène vers la lumière, l’espoir et l’amour. Je suis très heureuse que le réalisateur soit à la Cinémathèque pour le défendre. À Marseille, nous poursuivons le voyage. Nous espérons que les films seront sélectionnés dans d’autres festivals et pourront vivre leur meilleure vie jusqu’à leur sortie. Nous sommes les premiers accompagnants, le premier regard, le premier socle et après, nous sommes spectateurs de la vie des films.

Jean Roy, longtemps critique à l’Humanité, a été l’un de vos prédécesseurs. Qu’a-t-il apporté à cette semaine ?

Si j’ai voulu devenir critique de cinéma, c’est grâce à lui. J’étais étudiante à Nanterre, en troisième année de fac. Il pilotait un cours de critique de cinéma. Il m’a donné le virus, m’a encouragée et, après la fin de mes études, nous n’avons jamais vraiment rompu le lien. Il était dans la salle à l’une de mes premières projections de presse. Il s’est levé de son siège, m’a regardée et m’a dit : « Je le savais. » Il a toujours été très élogieux, porteur et soutenant. C’est un critique que j’ai toujours follement admiré et un homme merveilleux. Ce qu’il a fait pour la Semaine de la critique est dingue. Il y a ramené du punk et de la frayeur, des auteurs qui osaient tout et cassaient les codes.

(1) Reprise du 8 au 12 juin à la Cinémathèque française à Paris et du 10 au 16 juin à la Baleine à Marseille.

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