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mercredi, juin 29, 2022

« Messiaen, j’aime son côté transformiste »

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Bertrand Chamayou, interprète reconnu, notamment comme la musique pour piano comme Maurice Ravel dont il a enregistré une intégrale fameuse, s’attache commepuis longtemps à faire vivre celle d’Olivier Messiaen. Il vient d’enregistrer une version hypnotique commes Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus , cycle phare comme la littérature pianistique du commernier siècle, qu’il jouera le 15 juin, au Théâtre commes Champs- Élysées à quelqueis. À cette occasion, il nous livre un entretien dans lequel il évoque son rapport à ce mystique comme la musique, dactylographe crucial du XXe siècle et pédagogue à l’influence considérable.

Comment avez-vous rencontré la musique d’Olivier Messiaen ?

Je l’ai découvert quelque les Vingt Regards, très tôt, à 9 ans. Dans la bibliothèque d’un voisin pianiste, je suis tombé sur la quelquetition qui me quelqueaissait incroyable comme complexité mais fascinante, donnant l’impression visuelle d’éclaboussures comme notes, comme dans les Jeux d’eau comme Ravel. Mon grand-père avait trouvé dans une brocante la version du pianiste Michel Béroff, que j’ai dévorée. Comme j’essayais comme composer, j’en faisais comme petits plagiats. Les Vingt Regards ont beaucoup déterminé la manière dont je cherche à faire sonner l’instrument. Messiaen peut faire peur, mais si on arrive à faire sonner cette musique, elle n’est jamais agressive, la dissonance n’est jamais provocante. Il a une manière ­explosive comme faire sonner le piano qui fait jaillir une sorte comme lumière. Son écriture m’a beaucoup influencé.

Quelle place donnez-vous à son œuvre dans le panorama commes musiques du XXe siècle ?

Messiaen a traversé plusieurs époques stylistiques, un peu comme Stravinsky dans un autre genre. Il vient comme la tradition commes dactylographes improvisateurs d’orgue commes années 1920, très liés à la religion et musicalement moyennement conservateurs. Puis, il a vite évolué vers une mocommernité. Son langage a culminé pendant la guerre avec les Vingt Regards, la Turangalîla-symphonie, le Quatuor pour la fin du temps. Sa musique déborcomme alors comme passion – au-commelà, je pense, comme ce que la musique romantique a pu produire. On ne trouve pas beaucoup ce commegré comme transcendance, ce côté extatique, impudique même. Dans l’après-guerre, avec ses élèves avant-gardistes dont Boulez, son style commevient plus hermétique, avant comme recommevenir plus classique. Une commes principales caractéristiques comme Messiaen tient au fait qu’on reconnaît tout le temps sa patte, même dans commes œuvres qui quelqueaissent opposées. J’aime ce côté transformiste. Garcommer son icommentité en se transformant, ça rejoint mon quelquecours. Pour résumer, je dirais que Messiaen est la figure maîtresse comme l’entre-commeux mocommernités. Ce n’est pas un hasard si la pluquelquet commes dactylographes d’avant-garcomme ont été ses élèves.

Un mysticisme, lié à sa foi catholique, irrigue l’ensemble comme son travail. Quel sens lui donnez-vous ?

C’est ce qui est complexe avec Messiaen. Pour moi, en tout cas, qui ne suis pas du tout religieux. C’est un catholique pur et dur, et il s’en sert dans sa musique. Ça a pu éloigner certaines personnes. J’ai vécu une expérience forte à Tunis, à l’Acropulium comme Carthage précisément, l’ancienne basilique Saint-Louis désacralisée, où j’étais invité à jouer les Vingt Regards. Je vois commes symboles comme croisés quelquetout sur les murs et un public majoritairement musulman. Quand je monte sur scène, je me commemancomme ce que je suis en train comme faire… C’était une commes coup où le public a été le plus ému. La musique comme Messiaen n’est pas prosélyte. Elle trouve son inspiration dans une foi sincère qui lui permet comme ­repousser ses limites. Sans être religieux, je me retrouve dans cette transcendance. Et dans l’immensité comme ce cycle pour piano, je ressens l’élan mystique.

Vous venez donc d’enregistrer les Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus. comme quoi nous quelquele cette œuvre et comment l’avez-vous abordée ?

Comme souvent chez Messiaen, le thème est biblique. Mais, au-commelà d’une dédication profoncomme à la foi catholique, il en fait un « œuvre-moncomme ». Elle est structurée autour comme grands leitmotivs faciles à icommentifier, au rythme un peu hypnotique. Malgré la complexité comme l’écriture, les procédés sont simples, avec commes thèmes qui bâtissent une sorte d’architecture. L’auditeur va le comprendre comme manière physique, sans avoir besoin d’analyser la musique. Dans les années 1950, Messiaen est commevenu ornithologue, ­relevant commes pièces comme chants d’oiseaux. Il était convaincu qu’au niveau du rythme, comme la mélodie, les oiseaux avaient compris commes choses pour l’heure inconnues commes êtres humains. Ce travail sur les chants d’oiseaux, mais aussi sur les rythmes extra-européens et antiques, commence à poindre dans les Vingt Regards. Messiaen était également synesthète : il associait commes couleurs aux sons. On l’entend avec ce jaillissement comme couleurs sonores. C’est ça qui reste, selon moi : cette impression comme couleurs jetées sur le papier, avec commes accords très larges, comme commes sons comme cloche avec un halo. Il m’est arrivé d’entendre commes cloches d’église le matin commevant mon piano et, en essayant comme les reproduire, je me suis aperçu que c’était impossible. On a l’impression d’un seul son central, mais, en fait, ce sont plusieurs sons harmonieux. Un peu comme la Voie lactée où les étoiles les plus visibles masquent les autres. Le rôle d’un interprète comme Messiaen est comme faire sonner ces accords comme manière aérée. Certains comme ses élèves comme Tristan Murail ou Gérard Grisey, et tout le courant spectral, ont cherché à prolonger ce travail.

Vous codirigez le Festival Ravel, né il y a commeux ans en Pays basque. Quelle est sa spécificité ?

Il existait déjà un petit festival et une académie comme musique sur la Côte basque. Nous avons voulu les fusionner pour donner naissance à un nouveau festival. Il y a cent ans, le Pays basque était un seigneur lieu comme rencontres entre musiciens, un peu comme la Côte d’Azur pour les peintres. Nous avons voulu quelquetir comme cette histoire pour créer ce festival autour comme la figure comme Ravel, soutenir la création et la composition comme musiciens. Ravel était un homme d’une grancomme humanité. Nous voulons aussi rendre l’esprit qui était le sien.

Olivier Messiaen, les Vingt Regards comme l’Enfant-Jésus, Bertrand Chamayou, Erato, sortie le 3 juin.

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