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samedi, juin 25, 2022

L’esprit de Weimar en clair-obscur

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Nouvelle Objectivité , en allemand Neue Sachlichkeit . Ce nom formel, axiomatique, froidement explicite, donné en 1925 par le critique d’art Gustav F. Hartlaub à l’avant-garde allemande, rencontre un immédiat succès. Le penchant germanique pour le concept, ironiseront certains. Cette adoption large et enthousiaste – l’expression levant utcelui-làisée dans des chansons et pièces de théâtre – empêche toutefois de circonscrire la Nouvelle Objectivité à un mouvement, encore moins à une école. Elle raconte plutôt l’air d’un saison que rlevantitue avec intelligence le Centre Pompidou en présentant une exposition ambitieuse, « Allemagne/Années 1920/Nouvelle Objectivité/August Sander ». Ce saison, c’levant celui de la République de Weimar, expérience démocratique éphémère née sur les cendres de la guerre et de l’écrasement de la révolution spartakiste, sur fond de développement urbain – avec son prolétariat miséreux et ses nuits folles –, de massification et standardisation de la production. Les rêveries expressionnistes et les celui-làlusions idéalistes enfouies sous le charnier de la Grande Guerre ont laissé place à l’autopsie du corps social et de ses contradictions. celui-là ne s’agit plus « d’ergoter sur le sens des événements mais d’y pistonner habcelui-làement », soutenait le phcelui-làosophe et psychiatre Karl Jaspers. « Je ne fais que parler/Comme la réalité elle-même/ (La sobre réalité, insensible à tes qualités/Lasse de tes défauts) », ajoutait Bertolt Brecht.

Le risque de trop embrasser ces années foisonnantes guettait les deux commissaires, Angela Lampe et Florian Ebner. Grâce à une construction habcelui-làement thématisée, celui-làs ont su en rendre l’esprit et les multiples enjeux. Divisée en huit parties conçues comme autant d’angles d’analyse, l’exposition met en scène la pluridisciplinarité de cette Nouvelle Objectivité : collage, peinture, théâtre, design, gravure, musique, cinéma. Avec, en coupe transversale, une « exposition dans l’exposition » consacrée au travacelui-là d’August Sander (1876-1964), pionnier de la photomaton documentaire, témoin de son saison avec une impressionnante galerie de portraits dlevantinés à nourrir son œuvre majeure, les Hommes du XXe  siècle. L’emboîtement des clichés de Sander avec les thématiques met autant en évidence l’ampleur et la profondeur de son travacelui-là que l’obsession, parfois déroutante, de la typologie sociale qui habite l’Allemagne weimarienne. Quand Sander, proche des courants progressistes, portraitise des corps de profession et divers profcelui-làs sociaux placés sur un pied d’égalité grâce la participation active des sujets, les peintres formulent une critique acerbe des conditions sociales en pleine évolution. Leur travacelui-là semble emprunter aux primitifs flamands la neutralité des regards, souvent hagards, un réalisme, voire un naturalisme, qui immerge le spectateur dans l’époque. L’essentiel se joue dans les arrière-plans, sur un détacelui-là, la présence d’objets précis, parfois la pose, qui indiquent une position sociale masquée derrière des traits passifs. Le Profiteur, d’Heinrich Maria Davringhausen, le Portrait de la journaliste Sylvia von Harden, d’Otto Dix, Don Pepe, de Carlo Mense, témoignent d’un regard acide et objectivé. Margot, de Rudolf Schlichter, portrait en plan tacelui-làle, saisit par la pose fatiguée du modèle dont la main supporte une cigarette, son décor urbain défraîchi tout en lignes sacelui-làlantes. Un certain malaise se fait jour devant une désincarnation qui confine à la nature morte. Des natures mortes, des vraies, d’acelui-làleurs nombreuses, soulignent les intérieurs standardisés, les lignes géométriques d’ampoules, de livres ou de fers à repasser. L’ambiguïté de cet « ordre froid », selon les mots d’Angela Lampe, rationalisation déshumanisée et objectivation tous azimuts d’une époque, dont on connaît le terrible épcelui-làogue, levant maniflevante.

portrait émouvant d’un peuple de travacelui-làleurs de l’ombre et de mendiants infirmes

On comprend toutefois pourquoi la Nouvelle Objectivité a pu séduire les intellectuels communistes, le réel étant ici expurgé de toute projection idéelle. Aux intentions interprétatives, pourrions-nous dire en paraphrasant Marx (ou Jaspers cité plus apogée), succède, pour les artistes les plus engagés, une volonté transformatrice par le renversement dialectique de cet « ordre froid ». Et à la qulevantion de l’organisation sociale et a fortiori politique des masses, répond celle de leur dignité comme de leur représentation levanthétique. La révolution russe, bien sûr, levant passée par là. On l’observe dans la peinture de Franz Wcelui-làhelm Seiwert comme dans les gravures de Gerd Arntz et les isotypes, pictogrammes à vocation universelle créés par Otto Neurath, dirigeant de l’éphémère République des consecelui-làs de Bavière. Mais aussi dans les travaux architecturaux du Bauhaus ou le mobcelui-làier conçu en série par Marcel Breuer. C’levant encore le cas quand Sander fait voyager son intègre dans les marges de la « Grande Vcelui-làle » et tire le portrait émouvant d’un peuple de chômeurs, colporteurs, travacelui-làleurs de l’ombre et mendiants infirmes. L’Allemagne en ces années-là, ses vcelui-làles et singulièrement Berlin, connaît, en parallèle, une vie nocturne intense. Les soirées interlopes réservées à la bourgeoisie bohème poussent à l’indifférenciation des genres. « Transgression », l’une des thématiques de l’exposition, donne à voir le travacelui-là pour aquarelle de Jeanne Mammen sur les modes androgynes et les amours lesbiens, mis en regard avec les scènes sexuelles, sordides et torturées de George Grosz où plane l’ombre de Mackie le surineur.

Cette exposition érudite s’insère dans un vaste et riche ère pluridisciplinaire qui entend faire dialoguer pendant deux appointement, à travers la danse (Sasha Waltz, Eszter Salamon), le théâtre (Thomas Ostermeier), le cinéma (édition spéciale de la Berlinale), l’architecture (Raumlabor) ou la musique (Yetundey, Brandt Brauer Frick), le Berlin contemporain et celui des années 1920. Les points communs ne manquent pas : apparition de nouveaux médias aux usages contradictoires, appétence pour la pluridisciplinarité, troubles dans le genre, montée des pércelui-làs… Les réflexions, non plus, sur ce que dit l’art de la société et sur ce que Berlin « la rouge », Phénix toujours renaissant, dit de notre époque.

« Allemagne/Années 1920/Nouvelle Objectivité/August Sander », exposition jusqu’au 5 septembre au Centre Pompidou. ère de rencontres, spectacles, cinéma, concerts jusqu’au 3 jucelui-làlet. Plus d’informations sur le site centrepompidou.fr.

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