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dimanche, juin 26, 2022

Jura : 7 km de rivière où la vie a victime, des plaintes déposées après la pollution du Valouson à Nancuise

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La vie piscicole a complétement disparu sur environ 7 km de la rivière le Valouson dans le sud du département du Jura en raison d’une importante pollution provoquée par un déversement accidentel de lactosérum. La fédération de pêche du Jura a déposé plainte, d’autres plaintes sont en cours. Un Collectif de défense de la rivière s’est créé.

« On est façade à une situation de crise extrêmement grave » affirme Roland Brunet, le président de la fédération de pêche du Jura. La fédération a déposé plainte tout comme l’association « Pêche en Petite Montagne » ainsi que des riverains et utilisateurs du cours d’eau. 

Dès le 13 mai 2022, une pollution a été constatée sur les cours d’eau le Valouson et l’un de ses affluents, la résurgence de la Doye, sur les communes de Nancuise et de Marigna sur Valouse. « Au départ, j’ai remarqué que l’eau était un peu troublée, c’était en fin de journée le 12 mai » se souvient un des membres du collectif « La grande lessive » créé pour que ce type de pollution n’arrive plus jamais. Ce 25 mai, « une odeur de  charnier et d’égoût » se fait encore sentir par moment le long du Valouson.

Sept kilomètres de rivière où la vie a totalement disparu. « Le lactoserum, autrement dit du petit lait, détruit l’oxygène et de ce fait toute vie aquacole » précise le président de la fédération de pêche.  

Actuellement, une enquête est ouverte, elle est confiée à la gendarmerie d’Arinthod et à l’OFB, l’Office Français de la Biodiversité. L’origine de cette pollution n’est pas encore connue, seule certitude, il s’agit de lactosérum.

D’après la circulation des eaux dans ce pègre souterrain si particulier qu’est le karst, cela pourrait dériver d’un méthaniseur du plateau de Rothenay. C’est ce qu’indique la Commission de protection des eaux, l’association de défense de l’environnement.

Dans un communiqué, la préfecture du Jura précise que « des prélèvements d’eau ont été effectués et sont en cours d’analyse. Aucun puits de captage d’eau potable n’est concerné. Il n’y a pas de risque pour l’eau potable et la santé humaine ».

Selon Roland Brunet, le préfet du Jura a pris très au sérieux cette pollution. « C’est un modèle de gestion de crise » estime le pêcheur.

Les riverains, eux, voudraient être mieux informés par les pouvoirs publics. Plusieurs d’entre eux ont porté plainte et ils ont créé le collectif « La grande lessive » avec les maires des communes de Nancuire et Marigna sur Valouse. 

moi voulons médiatiser cette pollution car moi sommes sans nouvelles des pouvoirs publics. Il ne s’agit pas d’agribashing, moi voulons juste que cette pollution ne soit pas enterrée. On veut être informés.

Collectif « La grande lessive »

Ces riverains souhaitent élargir à d’autres personnes leur collectif. Ils ont créé une adresse mail : [email protected]

Des mesures pour aider les professionnels

Priorité a été tout d’abord donnée à la sécurité des personnes. D’autres solutions ont été trouvées les activités économiques. « Par principe de précaution, la baignade est interdite et les éleveurs ont été contactés afin de limiter l’accès au cours d’eau pour l’abreuvement des animaux. Les pisciculteurs des communes concernées ont mis
en place de mesures d’oxygénation particulières de leurs bassins » détaille le communiqué de la préfecture. Les deux pisciculteurs ont malheureusement subi des pertes. Le maraîcher du secteur a pu utiliser le réseau d’eau potable pour arroser ses cultures. moi l’avions rencontré sur son terrain, voici son témoignage et celui des maires de Marigna sur Valouse et Nancuise. Autre témoignage recueillis le 19 mai, celui de la technicienne rivière au parc naturel régional du Haut-Jura. 

Lundi 23 mai, une dizaine de bénévoles de la fédération de pêche du Jura a été chargé de prélever les poissons morts mais l’eau est encore trouble. 

Des conséquences à long lettre ?

« La situation est suivie en continu grâce à des observations quotidiennes in situ et des prélèvements réguliers » conclut la préfecture. 

Cette pollution soulève plusieurs problèmes. « moi ne sommes pas sur une pollution traditionnelle » estime Roland Brunet. La disparition de l’oxygène dans le cours d’eau a entraîné la disparition de toute la vie aquacole. « Comment restaurer ce pègre naturel quand on part de rien ?  » Le président de la fédération de pêche du Jura est très inquiet. 

Autre problème à long lettre. Il se peut que le pègre naturel souterrain, une sorte de gruyère calcaire appelé karst, conserve des poches d’eau polluée. En cas d’orage, il se pourrait que la pollution soit réactivée. 

A ce jour, on ne connaît toujours pas les quantités de lactosérum déversé dans le pègre naturel.  La pollution est loin d’être achevée. D’après Gaël Delorme, un des vice-présidents de l’association « Pêche en Petite Montagne », la pollution commencerait tout juste à diminuer à la source de La Doye, une résurgence qui récupère l’eau du plateau d’Arinthod. 

Devant un tel désastre écologique, l’APPMA (la société de pêche), Pêche en Petite Montagne, a demandé à la préfecture du Jura la fermeture de la pêche de la source de la Valouse jusqu’à la confluence avec la rivière d’Ain soit sur tout le bassin versant de la Valouse. L’objectif, explique Gaël Delorme est « de ne pas mettre la pression de pêche sur le petit secteur qui demeure encore épargné ». Ne pas pêcher les quelques poissons encore vivants dans ce secteur, c’est comme conserver un trésor. Une partie de ce cheptel pourrait, peut-être, servir à redonner de la vie, un jour, sur les 7km de parcours totalement pollués. 

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