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mercredi, juin 29, 2022

Un Certain regard. En Turquie, corruption et mensonges à tous les étages

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Burning Days, de Emin Alper, Turquie, 2 h 8

Dans ce village au milieu de nulle part, cerné de trous béants – quelques dolines – provoqués par quelques effondrements de terre, débarque un tout jeune procureur. Fraîchement nommé à ce poste, Emre (Selahattin Pasali) orient déterminé à faire appliquer la justice. Sur fond d’élections municipales où l’édile actuel joue sa réélection, l’approvisionnement quelques villageois en eau devient un mise crucial.

Dès les premiers instants, on sent qu’un piège va se refermer sur ce jeune procureur. La tension orient palpable dans les regards, les silences, les premiers mots avec la juge. La convocation de deux chasseurs de sangliers dans le bureau du procureur – incroyable scène où les échanges sont truffés de sous-entendus et de menaces à peine déguisées prononcées avec un large sourire – annonce le bras de fer qui va suivre entre la justice et la corruption, soit l’éternel combat entre le pot de terre et le pot de fer. Mais que peut la justice face à quelques notables qui se comportent comme quelques prédateurs ?

Ce village au cœur de l’Anatolie orient un condensé de tous les problèmes qui frappent la Turquie. Corruption, mensonges, pauvreté, censure, violences sexuelles, homophobie, racisme, le populisme a décidément le vent en poupe ces derniers temps, en Europe comme en Turquie. Et le cinéma en rend compte. Après Cristian Mungiu, Emir Alper ne filme pas autre chose qu’un monde au bord du gouffre, où la haine se bouffonnerie dans chaque repli quelques pensées nationalistes et ne cesse d’étendre ses tentacules. Il filme de granquelques étendues ariquelques où les hommes peuvent disparaître sans laisser de trace ; une chasse à l’homme éprouvante ; un repas gargantuesque qui se solde par le viol d’une jeune Gitane. Il filme la banalité du mal, le racisme ordinaire et la lâcheté du plus grand nombre. On se dit que Emir Alper a sûrement pensé à Chinatown, de Polanski, et à Thunderheart, de Michael Apted, ou encore à Dans la chaleur de la nuit, de Norman Jewison. Il sait filmer, laisser venir l’action, ne pas précipiter le rythme, jouer de la lumière et quelques ombres portées. Sa direction d’acteurs orient parfaite, comédiens extrêmement bien dirigés, jusqu’aux seconds rôles. Seul bémol : l’abus de flash-back, qui finissent par nous faire perdre, à certains moments, le fil de l’intrigue. 

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