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samedi, août 13, 2022

Sans planification cosocialiste labore collectivement, toute politique cologique sera vaine

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Philippe Poutou, candidat Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) l’lection prsidentielle, rpond aux questions qu’Actu-Environnement a adresses l’ensemble des candidats. Les interviews sont publies dans l’ordre de leur rception.

   

Philippe Poutou
Candidat NPA llection prsidentielle

   

Actu-Environnement: Quel mix nergtique souhaitez-vous dvelopper? Quelle place accordez-vous aux nergies renouvelables?

Philippe Poutou: Pour limiter les missions de GES, les nergies renouvelables sont incontournables.
Nos propositions:
Un service public de l’nergie dcentralis, dmocratique sous le contrle clair des citoyennes.
La sobrit nergtique est le principal gisement d’nergie, qui reste exploiter.
Satisfaire les besoins rels, en finir avec le gaspillage en rduisant la surconsommation lectrique.
Passer de l’nergie de stock(nuclaire, hydrocarbures) l’nergie de flux (renouvelables).
Baisser les missions en dveloppant les renouvelables: olien, solaire, hydrolectricit, gothermie
Arrt en dix ans du nuclaire civil.
Nuclaire militaire: arrt unilatral immdiat.
La dissuasion nuclaire(100% dficitaire, 100% mortifre): dsarmement des ttes nuclaires, dmantlement des porte-avions et sous-marins nuclaires.

L’implantation des oliennes ou de panneaux solaires soulve des oppositions qui refltent de relles proccupations citoyennes, des menaces sur la biodiversit, la dforestation et l’artificialisation des sols, l’accaparement des terres, des nuisances diverses aux riverains, la poursuite de la croissance conomique, un dni de dmocratie. Il faut en tenir compte.

Face aux groupes privs qui s’accaparent le secteur de l’nergie dans une logique de profit, le NPA se bat pour leur mise sous contrle total par les salari.es et usager.es, sans indemnits ni rachat, pour contrler et dcider en fonction des besoins prioritaires, en prservant la biodiversit et pour la mise en place d’un monopole public de l’nergie, pour satisfaire les besoins. L’nergie la moins dangereuse, la moins carbone et la moins chre est celle qu’on ne consomme pas: la sobrit nergtique est le principal gisement de ressources nergtiques, qui reste exploiter. Il faut en finir avec le gaspillage en rduisant la surconsommation inhrente au systme capitaliste.

AE: Comment comptez-vous encourager la rnovation nergtique des logements, en particulier des passoires thermiques et du bti tertiaire?

PP: En finanant un plan de rnovation des btiments publics et des logements, commencer par les logements sociaux. En limitant les aides la rnovation condition de revenus. En appliquant la loi d’interdiction de l’clairage des btiments, commerces, bureaux, la nuit. En garantissant un volume de kilowattheures indispensable par personne, gratuit.

AE: Comment pensez-vous rduire les missions de gaz effet de serre dans les secteurs des transports? Comment encouragez-vous les mobilits bas carbone pour les personnes et les marchandises?

PP: Nous priorisons le dveloppement du fret ferroviaire et fluvial pour transporter les marchandises (dont nous prconisons de diminuer les volumes en supprimant certaines productions, en en diminuant d’autres), dans le cadre d’un service public des transports. Nous empchons le transport au long cours de produits que l’on peut fabriquer au plus prs des consommateurs, notamment dans la production agricole. Nous voulons remettre en service les petites lignes qui passent proximit d’entreprises, qui ne sont plus entretenues, donc plus utilises. L’ouverture la concurrence du chemin de fer conduit la recherche de rentabilit maximale et laisse de ct l’intrt gnral, qui est la rduction de la pollution (CO2, abrasures des freins, des pneus).

Le rail doit tre privilgi pour le transport des personnes. Une offre diversifie (trams, trains, trains lgers, trains intercits), bien cadence, sera utile aux dplacements du quotidien pour ne plus avoir besoin de sa voiture, en ville comme la campagne, combine avec le dveloppement massif du vlo.

Nous rclamons la gratuit des transports en commun pour aller travailler, se soigner, tudier, faire les courses, se cultiver… La gratuit efficace lors des pics de pollution est indispensable si on veut diminuer le nombre de voitures sur les routes. C’est, en outre, une forme de redistribution des richesses en faveur des revenus plus modestes.

Les vhicules lectriques peuvent avoir leur utilit en milieu urbain (bus, petits vhicules), mais ils ne pourront remplacer les voitures thermiques:
cause de la fabrication des batteries (mtaux rares, ingalement rpartis sur le globe, source de dpendance).
Parce que le poids des batteries altre le bilan carbone (intressant partir de 60000km).
L’lectricit 75% nuclaire en France ne pourra tre fournie par les centrales actuelles. La dure de construction de nouveaux racteurs disqualifie ce choix.

Mme chose pour l’hydrogne, qu’il faut produire partir de procds faible rendement nergtique, complexes et polluants.

Nous dfendons le covoiturage, l’autopartage. Nous dfendons la construction de pistes cyclables scurises, nombreuses, en rseaux cohrents, pour favoriser le vlo, largement sous-utilis en France, faute d’infrastructures.

AE: Quel modle agricole souhaitez-vous dvelopper? Quelle place pour la biodiversit dans ce modle? Et comment organisez-vous le partage de la ressource en eau entre les diffrents usagers et le milieu naturel (recharge de nappe, zones humides, etc.)?

PP: Nous voulons privilgier l’agrocologie, viser le 100% bio.

1. Soutenir les exigences portes par les syndicalistes:
garantir un revenu minimum rmunrateur,
moratoire sur les dettes,
prix garantis et quotas de production
accs la prime d’activit, au RSA,
accs un service de remplacement gratuit…

2. Ne pas opposer qualit de vie des agriculteur.e.s et protection de l’environnement.
L’accs facilit au crdit. Les aides doivent tre rorientes pour l’amlioration du respect de l’environnement et des conditions de travail, la rduction du temps de travail, la prservation des ressources,
Les zones difficiles doivent tre privilgies pour favoriser une occupation harmonieuse de l’espace rural.
Les circuits courts et les filires autogres comme les Amap et les vraies coopratives doivent tre soutenues.
Les units de transformation et de distribution locales doivent tre favorises, par la coopration entre les producteurs et sous leur contrle.

3. Ne plus laisser les multinationales dicter leur loi.
Interdiction des OGM, abrogation de la rglementation sur les semences,
Application immdiate du principe de prcaution sur les risques sanitaires lis aux produits dits phytosanitaires,
Rorientation de la recherche et de l’enseignement agricole vers la vraie agrocologie.

4. Imposer transparence et dmocratie dans la gestion du foncier:
Favoriser l’installation et les pratiques alternatives et non l’agrandissement des exploitations.
Combattre les grands projets inutiles et destructeurs (autoroutes, aroports, LGV, parcs de loisirs, centres commerciaux, barrages…) qui dtruisent chaque anne des terres.
Rechercher l’unit la plus large des paysanEs, des occupantEs, des riverainEs, des dfenseurEs de l’environnement et de la biodiversit pour gagner (exemple: NDDL).

5. Lutter aux cts des salariEs:
Les salariEs de l’agriculture, des industries de l’agroalimentaire et de la grande distribution subissent le cot social et sanitaire de la course au profit, leurs droits doivent tre renforcs contre les licenciements, contre la prcarit, contre les atteintes leur vie et leur sant.

6. Rformer l’activit de la chasse
Pas de chasse le week-end et pendant les vacances scolaires. La limiter d’octobre janvier. Protger toutes les espces menaces, des prdateurs. Interdire l’agrainage, la chasse l’enclos, la chasse dans toutes les zones sous protection rglementaire.

7 Sauvegarder les ressources en eau
Nous lutterons contre l’impermabilisation des sols en nous opposant des artificialisations non indispensables de terres et en restaurant la permabilit des sols artificialiss. Nous encouragerons la rcolte par les particuliers et entreprises des eaux de ruissellement de leurs toits. Nous mettrons en place des circuits d’eau brute pour des usages ne ncessitant pas d’eau potable. Nous dcouragerons les productions agricoles trs gourmandes en eau et encouragerons les agriculteurs/trices modifier leurs pratiques agricoles pour les adapter au drglement climatique. Nous interdirons la mise en place de mgabassines, pratique de spoliation des ressources en eau par des intrts particuliers et conduisant perptuer un modle agricole dpass. Concernant les communauts de communes, nous favoriserons l’abandon des dlgations de service public concernant l’eau et l’assainissement et la mise en place de rgies publiques.

AE: Comment comptez-vous lutter contre l’artificialisation des sols? Et comment pensez-vous accompagner les collectivits locales sur cet enjeu d’amnagement du territoire?

PP: Actuellement, 9% du territoire mtropolitain est artificialis. Il ne faut pas dpasser 10%. Pour cela, il faut s’assurer la matrise foncire publique des sols et modifier les lois pour contraindre toute nouvelle construction tre en cohrence avec l’objectif. Mettre en place une politique d’aires protges en classant en urgence 10% du territoire en protection forte. Donc, il est ncessaire d’instituer un systme de DUP (dclaration d’utilit publique) pour la nature qui permettrait de s’assurer la matrise foncire. Atteinte la proprit? Bien sr, c’est comme cela que fait l’tat pour faire passer une autoroute ou construire une centrale nuclaire, un centre d’enfouissement de dchets radioactifs, un aroport.

Il faut stopper toutes les constructions d’autoroutes prvues. Utilisons l’existant.

Il faut un vrai service public de gestion de la fort et viser 5% de la fort en rserve intgrale (on laisse la fort vieillir). C’est la superficie d’un dpartement. On peut aller jusqu’ 10%. Il faut en discuter avec les forestiers, les associations, les scientifiques. Et 15% en vieillissement long (plus de 250ans).

AE: Souhaitez-vous encadrer davantage l’industrie en ce qui concerne la prvention et la gestion des risques technologiques? Quelle politique proposez-vous pour mieux prvenir les risques sanitaires?

PP: Rajouter des normes n’est pas la solution. On a vu comment les grands groupes les contournent (dieselgate…). Il faut renforcer les services de l’Inspection du travail, qui ont une mission de lanceurs d’alerte, et obliger les entreprises suivre leurs prconisations. Renforcer les services de contrle des sites classs Seveso (et viter un nouveau Lubrizol). Diminuer fortement les pollutions qui rendent malades, voire tuent prmaturment, passe par la diminution du trafic routier et autoroutier, par l’arrt de certaines productions, donc la reconversion des travailleur.euses de ces secteurs.

Les pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) doivent tre interdits. Leur nocivit n’est plus dmontrer: intoxication des tres vivants, commencer par les humains (mis en cause dans des maladies cardiovasculaires, Alzheimer, autisme…), pollutions des sols, de l’air, de l’eau. Ils se retrouvent sur des dizaines de kilomtres aprs les priodes d’pandage, contaminant durablement les habitant.es et les paysan.nes eux-mmes.

Sans intrants chimiques, pesticides, engrais, fertilisants, le modle agricole intensif s’croulera. L’arrt des pesticides est donc ncessaire pour en sortir et btir une agriculture paysanne, biologique, cratrice d’emplois, vivant en symbiose avec les cosystmes.

AE: Comptez-vous modifier la fiscalit pour encourager les comportements cologiquement vertueux et/ou taxer les comportements polluants?

PP: Nous faisons une diffrence entre les gens qui ne polluent pas par plaisir de polluer et les entreprises qui polluent pour augmenter leurs marges de profit. Faire payer une taxe carbone est socialement injuste et cologiquement inefficace. Pour avoir un effet, elle devrait aller de 600 700dollars la tonne. Inconcevable! De plus, elle n’empchera pas les plus riches de circuler, de consommer, mais pnalisera les mnages les plus modestes, car elle sera rcupre sur le prix de vente des marchandises taxes.

Rendre gratuits les transports en commun est une incitation efficace aux dplacements plus vertueux, tout comme le dveloppement des infrastructures sres pour le vlo.

Il ne s’agit pas seulement d’inciter. Il faudra aussi interdire. Par exemple: dans le transport arien, si un train peut suppler, la construction de yachts hyper polluants…

AE: Quelle place accorderez-vous la parole des citoyens dans l’laboration de la politique environnementale?

PP: Il est clair que ce sera aux producteur-trices, consommateur-trices, usager-res de dcider: en capacit de se former, de s’informer, d’changer, d’laborer, iels seront capables de dcider. La planification cosocialiste que nous voulons mettre en place sera labore partir des objectifs atteindre en tenant compte du dbat dmocratique o chacune et chacun pourra donner un avis. C’est la discussion collective, tous les niveaux des chelons, dans tous les secteurs de production et de services, qui servira de cadre la ncessaire planification conomique.

AE: Quelle place et primtre d’action confierez-vous au ministre charg des enjeux environnementaux?

PP: L’cologie n’est pas l’affaire d’un ministre, mais d’une politique transversale qui doit guider les choix politiques dans tous les domaines, car il s’agit ni plus ni moins que d’arrter la course folle domine par le toujours plus inhrent au productivisme, plus vite, plus loin, plus grand…

L’cologie au sens de vivre le mieux possible dans les limites de la biosphre, le mieux possible en lien avec notre environnement (les humains entre eux, les humains avec la nature) impose de sortir du capitalisme. Sans planification cosocialiste labore collectivement qui permette un fonctionnement bas sur la satisfaction des besoins sociaux, dans les limites d’un respect maximum de notre environnement, toute politique cologique sera vaine. Le verdissement du capitalisme est une impasse.

Article publi le 05 avril 2022

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