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jeudi, août 11, 2022

«Nous sommes face à une maximalisation du mal»

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Manon Fossat
08h28, le 09 mars 2022, modifié à
09h05, le 09 mars 2022

Sur Europe Matin mercredi, l’essayiste Jean-François Colosimo, spécialiste de la Russie, est revenu sur la guerre en Ukraine et a estimé qu' »il y a des mémoires blessées des deux côtés » et que Vladimir Poutine a poussé à « une guerre fratricide ». Pour le théologien, il s’agit d’une « affirmation solitaire de volonté de puissance ».

L’invasion militaire russe en Ukraine a été lancée il y a maintenant quatorze jours. Invité sur Europe Matin mercredi, l’essayiste, théologien et spécialiste de la Russie et du monde orthodoxe, Jean-François Colosimo, est revenu sur ce conflit et sur la position du président russe. Il a estimé que Vladimir Poutine a initié une « guerre fratricide ».

« L’affirmation solitaire de volonté de puissance »

« Poutine a préparé l’invasion par l’interdiction, l’arrestation et l’emprisonnement de toutes les voix dissidentes en Russie. C’est une hécatombe », a-t-il estimé. « Il y a des législations particulières, par exemple aujourd’hui il est interdit de dire le mot guerre, vous risquez jusqu’à 15 ans de prison. »

Il a notamment fait référence à « une blague » qui court en Russie. « Ce qui se dit aujourd’hui à Moscou, c’est que bientôt on va retirer Tolstoï des librairies et réimprimer Guerre et Paix en disant ‘Opération spéciale et paix’. Donc nous sommes quand même face à une maximalisation du mal, qui est cette affirmation solitaire de volonté de puissance, accompagnée de menaces nucléaires qui bouleversent l’ordre du monde », a poursuivi Jean-François Colosimo. 

« Un saut dans le vide » de Poutine

Selon lui, il n’y a aucun logique dans l’action de Vladimir Poutine. « Il est en train de perdre, c’est un suicide. Il arrive au résultat inverse de ce qu’il voulait », a encore jugé le spécialiste de la Russie, qui a ensuite livré son analyse sur le président russe. « Il y a la crainte sur sa propre vie, la crainte d’être renversé, on émet également l’hypothèse d’une maladie de type neurodégénérative. Il y a la volonté de solidifier son héritage avant d’obliger son successeur et puis il a vu une fenêtre de tir parce que Biden ne paraissait pas très fort à Washington, Johnson était empêtré à Londres, Merkel partait et la France entrait en campagne présidentielle. »

 

Pour l’essayiste, le président russe a en effet profité de la situation. « C’est ce qu’il fait depuis 22 ans et il a marqué des points considérables par rapport à la réalité de la Russie qui est un géant nucléaire mais un nain économique […] Mais là c’est un saut dans le vide. »

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