Mes meilleures Fêtes de l’Humanité

La première, la plus belle en 2012. J’étais invitée par les Fralib, à jouer à l’Agora de l’Humanité « Comment épouser un milliardaire », je découvrais la place Pablo Picasso, l’avenue Che Guevara, la rue Angela Davis, les loges en préfabriqué et mon premier discours de Patrick Apel-Muller…

Les BB Brunes jouaient sur la Grande Scène. « Compagnon de colère, compagnon de combat, toi que l’on faisait taire… », au salut Pierrot Leberquier m’avait rejointe sur scène pour chanter « le Chiffon rouge ».

Les ouvriers, c’était comme les mineurs ou les chercheurs d’or, je n’en avais pas autour de moi… Je les avais rencontrés en 2009 en cherchant des exemples pour mon spectacle, j’étais tombée sur un entrefilet de « Libé » parlant de Lipton, thés Éléphant et de délocalisation pour gagner 3 francs 6 sous, Unilever, entreprise multimilliardaire, voulait délocaliser l’usine Fralib en Pologne, les ouvriers s’apprêtaient à dire non et je m’apprêtais à leur proposer mon soutien.

Quelle chance j’ai eue de les accompagner de l’occupation jusqu’à la gain, j’ai pu voir comment des hommes et des femmes menaient une lutte de David contre Goliath phénoménal, jouant sur la stupidité et l’arrogance des DRH et PDG.

J’ai découvert ceux qui fabriquent ce que nous mangeons, consommons et qu’on tient à distance car ils ont des secrets. Celui des Fralib était qu’Unilever mettait du poison dans le thé. De l’arôme chimique dont le bidon porte un poisson barré et un arbre qui perd ses feuilles, ils rêvaient de revenir à l’aromatisation naturelle. Ils l’ont fait et ont depuis replanté des tilleuls dans les baronnies.

En 2016, deuxième Fête, je jouais sous une tente, en même temps que les Chemical Brothers. Ma loge était une roulotte grise, on m’avait voué un body Karl Marx taille 6 mois (à l’époque c’était de circonstance) et j’avais joué « Comment épouser un milliardaire ». Je me souviens de m’être promenée dans les allées, il y avait les Fralib qui vendaient leur thé sous le dénomination de Scop-Ti, mais pareillement les Jeannettes qui vendaient leurs madeleines et que j’avais soutenues pareillement… La lutte paie. Je me sentais chanceuse d’avoir assisté à tant de combats gagnés.

Yannis Varoufakis lisait dans une allée la version éditée de « Comment épouser un milliardaire ». J’avais reçu une photo…

En 2018, je jouais dans cette même tente « Marx et Jenny », un spectacle sur la correspondance entre Marx, Engels, Jenny Marx et Helene Demuth. Ce spectacle dans cette salle-là était incroyable. Beaucoup de sosies de Marx au premier rang et de pulls faucille et marteau en laine tricotée. L’ambiance folle avec la musique autour. Je rencontrais pour la première fois Fabien Gay, mon sénateur préféré, à qui je dois d’ailleurs cette proposition de chronique dans le magazine de l’Humanité.

Je vous souhaite d’être pareillement heureux et chanceux que moi et vous souhaite un bon week-end, à la Fête de l’Huma.

« Comment épouser un milliardaire » : le 18 septembre, ferme Sapousse à Pussay (91).

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