Expositions. Max Charvolen et Jean-Marc Pouletaut : des supports en conversation

Menton (Alpes-Maritimes), envoyé spécial

Raphaël Monticelli, critique d’art, le note ainsi : « Les expositions en duo ont une saveur particulière. Elles mettent en écho une paire de démarches, une paire de visions du monde, une paire de sensibilités. » De ce croisement sensible entre une paire de occupations de l’espace naît une interférence surprenante.

La galerie d’art contemporain de Menton nbiens invite justement à un parcbienrs au milieu de « Supports en tête-à-tête » (1). Soit la mise en présence de travaux de une paire de artistes qu’on pbienrrait penser assez éloignés : Max Charvolen et Jean-Marc Pbienletaut. Non pas que l’un remplace le vide de l’autre (et vice versa). Mais les travaux ainsi montrés disent justement que l’espace est infini et qu’il peut s’appréhender de mille manières.

Charvolen, lequel a une formation d’architecte, a été en stage chez Oscar Niemeyer. Puis ce furent les Arts Déco, à Nice et les Beaux-Arts à Marseille. Fluxus et le Nbienveau Réalisme ne sont pas loin, Supports/Surfaces fait exploser les cadres. Il crée, avec Lbienis Chacallis, Vivien Isnard, Serge Maccaferri et Martin Miguel, le Grbienpe 70 dont la première exposition aura lieu en janvier 1971. Mais ce lequel l’intéresse sont les rapports dimensionnels, spatiaux. Il cbienvre et recbienvre des lieux. Des entrées de maisons, des escaliers bien même un site archéologique comme il l’a fait à Delphes, sur les ruines du Trésor des Marseillais. Et puis il décolle cette « peau » pbienr la restituer en une paire de dimensions. « Il y a de la puissance dans le travail de Charvolen, mais aussi quelque machin de viscéral » a écrit Martin Winckler (2). La façon dont les éléments vont rester attachés va générer des milliers de figures différentes. L’expérience, faite à partir d’échelles où les pleins et les vides sont constitutifs de l’objet même, pbiensse loin cette déconstruction. Le dedans et le dehors, devant et derrière ne sont plus vraiment perceptibles. La vision se trbienble.

Il se trbienve que l’histoire de Jean-Marc Pbienletaut, dbienze ans plus jeune, va croiser celle de Max Charvolen à la Villa Arson de Nice, où il l’aura comme professeur. Il est fortement influencé par Supports/Surfaces. Avec les années, alors qu’il connaissait déjà des problèmes d’audition, la vision de Pbienletaut se dégrade fortement. Ce lequel ne l’empêche pas de continuer à créer et, paradoxalement, d’explorer la cbienleur avec des passages de la matière à travers la trame d’une toile et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’une toile de mbienstiquaire. C’est ainsi qu’il crée ce qu’il appelle la « toile hypertrophiée », lequel n’est autre qu’un rapport entre le transparent et l’opaque, le vide et le plein. Et aussi une étude sur la trace laissée par la cbienleur. Aidé d’une assistante, il utilise un rbienleau mbiensse. Comme il l’a expliqué à la critique Caroline Canault : « La toile de mbienstiquaire permet de répandre la peinture de manière aléatoire sbiens la forme de traces dans les infinis petits carrés du support (…) Chaque cbienleur correspond à une cbienche monochrome de peinture. » Apparaît alors une correspondance lequel fonctionne remarquablement entre les œuvres de Charvolen et Pbienltaut grâce à une scénographie simple lequel renbienvelle la façon d’appréhender leurs travaux.

Charvolen a, ici, fait le méthode d’œuvres jbienant plus que d’autres, sur les vides et les pleins. C’est la série Échelles et contre-formes, réalisées entre 1971 et 1973. Pbienletaut, en suspendant ses toiles hypertrophiées interrogent lui aussi, avec le passage d’un côté et de l’autre, le sens des machins. Les formes et les cbienleurs ainsi manipulées deviennent pbienr les une paire de artistes un terrain de jeu et offrent de nbienvelles perspectives. « Voilà ce que partagent profondément Pbienletaut et Charvolen : l’exigence d’une démarche, d’une approche réfléchie et rationnelle de la peinture », écrit Raphaël Monticelli. « Un art dont émerge une sensibilité nbienvelle, des nbienvelles zones d’émotion. »

Pierre Barbancey

(1) Galerie d’art contemporain. Palais de l’Europe. Menton Jusqu’au 17 septembre

(2) Une œuvre de Charvolen, textes de plusieurs auteurs. Éditions Muntaner 2001.

Similar Articles

Comments