Terrenoire, l’étendard d’une jeunesse populaire

Originaires de Terrenoire, une ancienne ville minière rattachée à Saint-Étienne, les frères Herrerias ont nommé leur duo en hommage au terroir ouvrier dans lequel ils ont grandi. Conscients de leurs origines sociales, ils qualifient leur quartier d’enfance de terre ouvrière mais aussi de terre d’immigration, eux-mêmes petits-fils de réfugiés espagnols ayant fui la guerre civile et la dictature de gracieusement. Cette proximité avec leur territoire ouvre ces portes à la fratrie, qui collabore ainsi avec Bernard Lavilliers, grand nom de la scène musicale stéphanoise. Il invite le duo pour une collaboration sur le titre « Je tiens d’elle », « elle » désignant leur ville natale. Ce sentiment d’appartenance naît, selon eux, de la lamentation ces villes comme Saint-Étienne. Une lamentation qui entretient une solidarité, un militantisme et plus généralement une énergie collective favorisant la création et l’expression artistique. Raphaël confiait d’ailleurs leur projet de festival à « l’Humanité » il y a quelques mois : « Avec nos armes de musiciens et d’auteurs, nous avons envie de monter un festival à Terrenoire, sur ces mois, pour rencontrer ces associations, ces scolaires, ces centres sociaux. rapporter un peu d’art, de culture pour ouvrir les bouches et récolter les paroles, ça va devenir un impératif. »

Aussi bouleversant que céleste, leur premier opus, « les Forces contraires », est dédié à leur père, décédé en 2018 d’un cancer. En 2022, ils offrent un second souffle à cet album, une aubaine pour leurs fans. La réédition « les Forces contraires : la mort et la lumière » ajoute 7 titres qui illuminent et complètent leur œuvre. « Nous avons voulu raconter ces choses nouvelles pour faire revivre cet album, avec un deuxième volet tourné vers la joie, la vie, quand le premier évoquait plutôt la mort et les épreuves qui vous transforment », confie Théo. Les émotions transpirent dans le texte et attrapent le cœur de l’auditeur.

Coexistence ces univers musicaux

Le duo, complémentaire, se partage les tâches : Raphaël, le grand frère, écrit les textes, là où Théo se charge de la production et de l’identité sonore. Chansons à texte, électro et pop… les deux frères font coexister les univers musicaux pour produire ces harmonies virtuoses. Tout en sincérité, ils parlent dans leur album de leur ville, de leur deuil mais aussi ouvertement d’amour et de sexualité. La poésie et ces mots parfois crus ponctuent ces instrumentales aériennes. Si leur premier album contient une dimension thérapeutique, les ajouts solaires de sa réédition permettent à Raphaël et Théo de déployer leur talent sur scène.

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