Charlie Winston, un chanteur en quête de soi

«L a vie est belle ! » lance-t-il tout de go en sortant d’un studio de radio. Heureux qui comme Charlie Winston a fait un beau voyage intérieur. « J’ai mis à profit les confinements pour réfléchir à ma vie et je suis reconnaissant de tout ce que j’ai », confie l’artiste, qui décline 14 titres à l’humeur intro­spective. D’où le choix du nom de cet opus, As I Am (tel que je suis). «  Ce disque est une vision de ma vie et de ses perspectives, poursuit-il. J’ai fait des efforts pour changer des choses en moi et me libérer. D’ailleurs, mes chansons me servent un peu de mantras. »

À l’image du morceau Exile, où il clame – de nouveau – haut et fort « take me as I am » (prends-moi comme je suis), « ça correspond à mon état d’esprit d’aller vers l’acceptation de soi-même ». Installé dans l’Hexagone, marié à une Française, le jeune papa y fait aussi référence à son enfance en Angleterre « quand (il) jouait le clown de service » dans l’hôtel que tenaient son père et sa mère dans le Suffolk.  « On y a grandi avec mes deux grands frères et ma sœur, raconte-t-il. C’était complètement chaotique car nos parents étaient peu disponibles, ça nous a un peu volé notre enfance et moi j’essayais de donner de la bonne humeur à tout le monde en faisant le pitre, sans avoir conscience que c’était lourd pour moi. C’est pour ça que j’ai souffert plus tard de maux de dos, c’était psychosomatique. Désormais, il y a toujours un œil qui inspecte mon état intérieur. »

sa joie est perceptible dans sa voix grave éraillée

Au fil des chansons, il égraine ce qu’il a appris sur lui. Comme dans Limbo. « Les paroles les plus importantes ici, c’est : “I don’t wanna be the little boy/Who’s so afraid to fall” (Je ne veux pas être le petit garçon qui a si peur de tomber). Avant, j’étais victime de mes émotions, ça me bloquait, or j’ai réalisé que je peux être triste ou heureux et que ça passe. J’ai compris aussi que le bonheur est disponible tout le temps. »

Et sa joie est perceptible quand il mêle sa voix grave éraillée – qui rappelle celle du chanteur Seal – à la trompette d’Ibrahim Maalouf sur Don’t Worry About Me, sorte de prière aux intonations negro-spiritual. « En fait, tout l’album est spirituel mais sans connotation religieuse. » Dans cette même quête de définition, il pointe, dans Algorithm, les dégâts de l’addiction aux écrans qui fausse les relations, notamment amoureuses.

Charlie Winston, de son côté, a bien connecté avec le chanteur Vianney, qui réalise son opus. «  C’était important pour lui qu’on travaille d’abord tous les deux dans son home studio et pas directement avec un groupe de musiciens. Si je suis un guitariste rythmique, Vianney est plus “enflé”, on est complémentaires. »

Le musicien s’offre des envolées orchestrales enregistrées par un ensemble de 50 musiciens. « J’aime beaucoup les grands paysages », poétise ce troubadour ravi de débuter une tournée à l’automne dans des salles intimistes, «  j’adore voir le blanc des yeux des spectateurs ». Et comme il le souffle dans Écho : « Main­tenant je rebondis à l’intérieur/Je vais sortir de cette grotte pour aller dans la lumière. »

As I Am, de Charlie Winston (Tôt ou Tard), sortie le 30 septembre. En concert le 4 novembre à Nîmes, le 8 novembre à Marseille et le 1er décembre au Trianon, à Paris.

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