inquiétudes autour « d’une stratégie extrêmement risquée »

« Jour de liberté » en Angleterre. Les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 sont supprimées à partir de lundi outre-Manche, a confirmé Boris Johnson, préférant s’en remettre à la « responsabilité individuelle » de chacun. Un pari politique alors que les contaminations grimpent en flèche depuis des semaines au Royaume-Uni. Le pays est le plus touché en Europe en nombre de cas et a dépassé 50.000 nouvelles contaminations quotidiennes deux jours de suite. Dans une vidéo postée sur Twitter dimanche, Boris Johnson a néanmoins appelé la population à la mesure, soulignant l' »extrême contagiosité » du variant Delta. « S’il vous plaît, soyez prudents », a-t-il imploré.

Une stratégie « risquée »

Pour prendre cette décision, le dirigeant britannique s’appuie sur le succès d’une campagne de vaccination menée tambour battant depuis décembre – plus de deux tiers des adultes entièrement vaccinés – qui a « fortement affaibli » le lien entre maladie, hospitalisations et décès, permettant au système public de santé de faire face.

La décision soulève toutefois des inquiétudes sur le sol anglais. Près de 1.200 scientifiques et médecins ont écrit au gouvernement et qualifient cette levée des restrictions « d’expérimentation dangereuse et immorale ».  Parmi eux le professeur Sir David King, ancien conseiller scientifique du gouvernement. Il s’inquiète pour les 50% de Britanniques pas encore totalement vaccinés. « Cela va certainement donner lieu à une nouvelle vague de décès, mais ce qui nous inquiète beaucoup c’est surtout le Covid long », souligne-t-il. « C’est un problème grave car ceux qui en sont atteints risquent des séquelles toute leur vie. C’est une stratégie extrêmement risquée. »

Assouplissement aux frontières et fin du masque obligatoire

Depuis minuit, les salles de spectacle et les stades peuvent rouvrir à pleine capacité, les discothèques de nouveau accueillir du public, le service au bar est de nouveau possible dans les pubs et il n’y a plus de limites au nombre de personnes autorisées à se rassembler. Le masque n’est plus obligatoire mais recommandé dans les transports et magasins. Une mesure qui inquiète particulièrement Rebecca, atteinte d’une maladie dégénérative. Même vaccinée, elle risque des complications en cas d’infections. « Si certains ne portent pas de masques, alors tout le monde est plus à risque. Cela veut dire que je ne vais plus voir mes amis, ni ma famille. Je vais juste aller au parc avec mon mari comme si nous étions de nouveau confinés », déplore-t-elle.

Il y a actuellement quelque 550 malades du Covid-19 en soins intensifs au Royaume-Uni contre plus de 4.000 au pic de la seconde vague, en janvier. Outre les contaminations, des millions de personnes, cas contact, ont été priées de rester chez elles pendant dix jours. Pour éviter que les services de santé soient confrontés à un manque de personnel, le gouvernement a annoncé qu’en Angleterre, les soignants entièrement vaccinés qui sont identifiés comme cas contacts pourraient désormais se rendre sur leur lieu de travail où ils subiront quotidiennement des dépistages plutôt que d’observer un strict isolement chez eux.

Aux frontières, un assouplissement entre aussi en vigueur lundi. Les personnes entièrement vaccinées au Royaume-Uni et venant de pays classés « orange », parmi lesquels de nombreuses destinations touristiques comme l’Italie ou l’Espagne, n’auront plus besoin d’observer de quarantaine à leur arrivée en Angleterre. La France fait toutefois exception en raison de la « présence persistante » de cas du variant Beta, qui inquiète le gouvernement en raison de sa résistance au vaccin AstraZeneca, massivement utilisé au Royaume-Uni.

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