A Puurai , les habitants n’attendent (presque) rien de la visite du Préside

Contrairement aux habitants de Hiva Oa aux Marquises, le séjour en Polynésie du Président Macron passe presque inaperçu à Puurai, un des quartiers de Faa’a. Ses habitants savent qu’il ne viendra pas les voir, même s’ils auraient aimé lui demander des choses.

ET/SR

Publié le 24 juillet 2021 à 15h32,

mis à jour le 24 juillet 2021 à 21h32

En sortant de l’aéroport, le convoi présidentiel va directement se rendre à l’hôpital de Taaone, sur la côte est. Un parcours bien balisé qui ne comprend pas de détour vers les hauteurs de Faa’a. Notamment à Puurai.

©Polynésie la 1ère

 

La-haut, les habitants sont bien sûr au courant de l’arrivée du Président Macron et se doutent bien qu’il ne fera pas de halte dans leur quartier.

Malgré tout, « il faut accueillir notre président, parce que ça s’appelle Polynésie française. Il faut l’accueillir car il n’est pour rien dans les essais nucléaires », déclare Marina qui attend le bus. « Bienvenue Président, il faut venir voir les quartiers insalubres, des choses qui ne vont pas dans le gouvernement, il y a des personnes qui attendent des logements, comme ma fille, depuis des années ». Le ton est donné. Il oscille entre rancoeur et résignation. 

©Polynésie la 1ère

 

Car là-haut, à Puurai, les gens se sentent oubliés du reste du monde. Et espèrent un geste généreux. Comme cet homme accompagné de celui qu’il appelle son fils. « J’attends beaucoup de milliards…Nous on rembourse en prières, en milliards de prières, on n’a que ça. C’est dur, il n’y a pas de travail », dit-il avec une pointe d’ironie. Et son « fils » d’ajouter, amèrement, qu' »il nous a foutu la bombe au c…, il fa falloir réparer tout ça ». Son « père » le reprend et précise : « il [son fils] se trompe de président, c’était de Gaulle » [pour la bombe].

Le « fils » et son « père ».

©Polynésie la 1ère

 

Devant un magasin, une jeune femme pense que la visite présidentielle « ne sert à rien ». Elle aimerait que « ça apporte de nouvelles choses pour les jeunes, pour tout le monde, pas juste sur la crise sanitaire. Qu’il s’intéresse à tout le monde, pas qu’à la crise, aux masques, au vaccin obligatoire ou pas ». « Y’à tellement de sujets à évoquer ».

©Polynésie la 1ère

 

Mais en quatre jours, le Président ne pourra évidemment pas tous les aborder. C’est ce qu’a compris un homme au chapeau, qui sort lui aussi du magasin. « Ca ne sert à rien, pas la peine de demander au président l’argent, faut se débrouiller », dit-il. C’est sûr que quand on habite en hauteur, on ne voit pas les problèmes de la même manière que ceux qui vivent en bas.

Similar Articles

Comments