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lundi, août 8, 2022

Le vrai défi pour Joe Biden n’est pas l’Ukraine, mais l’Iran

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Vincent Hervouët
11h25, le 11 février 2022, modifié à
11h30, le 11 février 2022

EDITO

Depuis un mois, Washington s’égosille. Le Pentagone compte les blindés russes, chiffre les morts probables, les millions de réfugiés, il ne manque que les boutons de guêtres à l’inventaire de la catastrophe. Pourtant, on peut parier qu’il n’y aura pas de guerre en Ukraine. Pas de paix non plus dans le Donbass. Le Kremlin comme l’Otan ont besoin de garder ce fer au feu, l’Ukraine
comme un terrain de manœuvres.

Le vrai défi : le nucléaire iranien

L’important est ailleurs : dans le dialogue russo-américain qui a été renoué pour un nouvel équilibre des forces en Europe, donnant à chacun des garanties de sécurité. C’est en chantier et le monde au balcon.

Mais loin des projecteurs, le vrai défi stratégique que doit relever Joe Biden
se joue à Vienne, c’est le nucléaire iranien. D’une certaine manière, c’est bien plus important. Pour Biden qui joue son mandat. Pour le Moyen-Orient qui va être chamboulé. Pour la course à l’arme nucléaire qui sera relancé. Pour la sécurité d’Israël aussi.

Mais cela fait des années que cela dure… Qu’est-ce qui a changé ?

Avec leurs centrifugeuses qui tournent à plein régime, les Iraniens sont sur le point d’avoir assez de matière fossile pour fabriquer une bombe. C’est une question de semaines, peut-être de jours. L’heure de vérité approche. Obstinément, ils ont poursuivi leur course à l’atome. En défiant ouvertement le monde ou en sourdine. Les rapports des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les agences de renseignement, les calculs de probabilité, tout converge pour dire qu’ils approchent du seuil nucléaire.

Cela ne veut pas dire qu’ils ont la bombe. Ce qui importe, c’est d’être au seuil nucléaire. D’avoir le choix d’assembler l’arme ou de continuer à s’en passer.

Quand vous en êtes là, votre rapport au monde est radicalement différent. Si Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi avaient été au seuil nucléaire, on ne les aurait pas poussés en enfer. À l’inverse, si Kim Jong-un n’avait pas hérité de l’arsenal de son père, la dynastie stalinienne aurait été balayée avec son folklore sinistre.

Robert Malley, qui est le chef des négociateurs américains, vient de plancher devant le Congrès. Les Sénateurs sont sortis consternés. Il ne leur a pas dit Game over mais ils ont compris le message.

Le supplice de Tantale

À partir de là, il y a deux camps. Ceux qui pensent qu’il faut retourner à n’importe quel prix à l’accord noué en 2015 avec l’Iran, le fameux JCPOA que Donald Trump
trouvait nul, lever les sanctions et garder les usines sous surveillance. Joe Biden désespère parce que les Iraniens n’ont pas saisi la main qu’il leur tendait. Ils refusent un dialogue direct, ils jouent la montre dans les salons feutrés du Palais Coburg, le palace viennois où ils ont retrouvé cette semaine les Russes, les Chinois, les Allemands, les Britanniques et les Français avec lesquels ils palabrent. C’est le supplice de Tantale.

Mais il y a aussi les partisans de la manière forte…

Les vrais, on ne les entend pas. Ils savent que s’il y a un accord, il sera pire que celui de 2015. Qu’il faut choisir entre une mauvaise solution et une pire encore.

Les gardiens de la révolution ont testé hier un nouveau missile, baptisée du nom d’une victoire de Mahomet, qui va si vite qu’il perce les boucliers anti-missiles. Il porte à 1.450 kilomètres, juste la distance avec Israël. Joe Biden ne pourra pas tout lâcher aux mollah comme il a tout abandonné aux talibans.

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