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lundi, août 8, 2022

Après le choc, le Maroc enterre le petit Rayan

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Après le choc et l’émotion qui ont accompagné sa mort tragique
, le Maroc enterre lundi le petit Rayan, coincé pendant cinq jours au fond d’un puits dans une région pauvre du nord du royaume, un drame qui a tenu le monde en haleine. Les funérailles de l’enfant doivent se dérouler près du village d’Ighrane, où s’est dénoué le drame, probablement en début d’après-midi, selon des journalistes de l’AFP sur place. 

Des villageois nettoyaient en début de matinée les alentours du vieux cimetière du Douar Zaouia, situé au milieu des bois à 6 km du village, afin d’accueillir la foule des participants. Après son extraction du trou, la dépouille du garçonnet de 5 ans, accompagnée de ses parents, a été transportée à l’hôpital militaire de Rabat, probablement pour procéder à une autopsie.

Emotion considérable

La mort de Rayan a déclenché une émotion considérable, amplifiée par les réseaux sociaux, au Maroc et dans le monde entier. « Le silence est terrible ce (dimanche) matin dans le village. Tout le monde priait pour qu’il sorte vivant. Tout le monde a pleuré », a témoigné un proche de la famille auprès de l’AFP. « La chute d’un enfant a rappelé au monde les valeurs de l’humanité », a commenté dimanche le site de la télévision publique SNRT.

A l’étranger, le pape François a salué « tout un peuple (marocain) qui s’est rassemblé pour sauver Rayan », lors de la prière de l’Angélus célébrée au Vatican. « Ils ont tout tenté, malheureusement il n’a pas survécu. Mais quel exemple. Merci à ce peuple pour ce témoignage », a dit François. Signe de la vague de sympathie provoquée par le drame, c’est le cabinet royal qui a annoncé samedi soir le décès de l’enfant. Le roi Mohammed VI en personne a appelé les parents de Rayan pour présenter ses condoléances, et ces derniers ont remercié, émus, le souverain, les autorités et tous les sauveteurs.

Une pluie d’hommages au petit Rayan

Des travaux ont commencé dimanche pour combler les tunnels de secours forés par les sauveteurs ainsi que le puits. Les Marocains étaient encore sous le choc. « C’est une catastrophe, espérons que l’âme (de Rayan) repose en paix. Souhaitons à ses parents et à toute sa famille patience et réconfort », a résumé un habitant de Rabat. Tous ont rendu hommage aux efforts acharnés des sauveteurs.

Leur course contre la montre
a été suivie en direct par d’innombrables internautes. Et dès l’annonce du décès, les hommages sur les réseaux sociaux ont afflué en provenance du monde entier, de l’Algérie voisine et rivale jusqu’en France ou aux Etats-Unis, dans toutes les langues. « Petit ange, tu t’es battu jusqu’au bout, un héros », a salué un internaute sur Twitter. « Il aura réussi là où des dirigeants, des médias ont failli. Il a réuni les peuples autour de lui », a opiné un autre internaute.   

Une voix dissonante a déploré un « monde dystopique dans lequel toutes les nations arabes s’émeuvent du sauvetage d’un enfant au Maroc alors que des dizaines meurent chaque jour de famine ou sous des bombardements au Yémen, en Syrie », avant d’ajouter: « NB: Toutes les vies comptent ».

Puits clandestins ?

Rayan était tombé accidentellement mardi dans un puits asséché de 32 mètres, étroit et difficile d’accès, creusé près de la maison familiale à Ighrane. Entrés dans une brèche horizontale samedi, les sauveteurs avaient continué leur travail centimètre par centimètre, creusant à la main pour éviter tout éboulement. Jusqu’à vendredi, les secouristes se sont efforcés de faire parvenir de l’oxygène et de l’eau jusqu’à Rayan, sans certitude qu’il puisse les utiliser. 

Dès le déclenchement du drame, des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d’altitude. Si le drame a rassemblé les Marocains dans un élan d’unité, le quotidien arabophone Assabah a dénoncé lundi la prolifération de puits clandestins et non sécurisés dans cette région qui serviraient à irriguer les cultures, y compris celle du cannabis, selon le journal.     

Cet accident a fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où Julen, deux ans, avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur.

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