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lundi, mai 16, 2022

Vaccination : un passeport intérieur peut en cacher un autre

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Fini le passe sanitaire, bientôt le passe vaccinal. Les députés ont adopté le projet du gouvernement visant à instaurer de nouvelles restrictions à la circulation et à la fréquentation des lieux recevant du public. Un texte qu’il ne sera pas aisé à mettre en oeuvre en outre-mer.

Jean-Marc Party

Publié le 8 janvier 2022 à 13h21,

mis à jour le 8 janvier 2022 à 13h23

Paris, Assemblée nationale, jeudi 6 janvier 2022, 5 heures 20 du matin. Les députés présents adoptent à une large majorité le projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal. Après trois jours de débats houleux tenus dans une ambiance électrique, où il a beaucoup été question de libertés publiques mais aussi de l’outre-mer, le texte du gouvernement est approuvé par 214 voix contre 93 et 27 abstentions.

Le député Jean-Philippe Nilor a voté contre. Les députées Josette Manin et Manuéla Kéclard-Mondésir n’ont pas pris part au vote, comme près de la moitié des députés, occupés à diverses obligations. L’opposition n’a pas fait bloc. Ainsi, les élus socialistes ont 7 sur 20 à voter le texte. Leurs collègues des Républicains se sont divisés en trois camps avec 28 pour, 24 contre et 22 abstentions.

Rares sont les députés de notre région ayant approuvé le texte gouvernemental, comme Justine Bénin, élue Modem de Guadeloupe, membre de la majorité. Ses homologues militants de La République en marche, Lénaïck Adam de Guyane et Olivier Serva de Guadeloupe, ont voté contre.

Débats houleux et ambiance électrique

 

Ils ont mis en avant la quasi-impossibilité d’appliquer ce texte dans nos territoires, au vu du faible taux de vaccination. Une fois la loi définitivement adoptée, il restera en effet à déterminer ses modalités d’application en outre-mer. Le taux de vaccination contre le Covid y est inférieur partout à 50% de la population, sauf à Saint-Pierre-et-Miquelon (81%), à La Réunion (62%) et en Nouvelle-Calédonie (76%).

Les arguments défendus par certains de nos députés prennent ainsi tout leur sens. Sur un ton vif qui lui a été reproché par le ministre de la Santé, Jean-Philippe Nilor a déploré une divergence de vues avec Olivier Véran. Le ministre estime que la crise sanitaire dans nos territoires est « une crise des non vaccinés ». Le député Nilor lui rétorque qu’il s’agit « d’une crise des non soignés ».

Et notre parlementaire de rappeler le manque de moyens des hôpitaux dénoncé en cette enceinte depuis plusieurs décennies. Ou encore le fait que ces structures ne pourront pas fonctionner si la moitié de leurs salariés sont suspendus.

Un réel progrès, vraiment ?

 

Le Guyanais Lénaïck Adam, dans une explication de vote, a précisé que « (…) ce pass vaccinal est une régression au regard du pass sanitaire ». Comme d’autres, il appelle à  » maintenir les solutions alternatives sûres que sont les tests PCR ou antigénique ». Selon lui « il est désormais admis que la vaccination n’empêche pas la propagation du virus mais les formes graves de la maladie ».
 

Les interventions de nos députés constituent un avant-goût de ce qui attend les préfets des territoires concernés par le faible taux vaccinal. Sachant qu’ils disposent du pouvoir d’adaptation de la loi, il leur faudra déployer des trésors de diplomatie et de patience pour trouver un terrain d’entente avec les élus, le monde de la santé, les syndicats et les milieux économiques. Hormis élaborer un régime transitoire au passe vaccinal, il sera impossible de vivre sous l’empire de cette nouvelle loi dont il reste à démontrer qu’elle constitue un réel progrès.

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